Dépenses fastueuses: Rugy « très en colère » contre-attaque

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« Très en colère » et trouvant peu de voix pour le défendre, le ministre et ancien président de l’Assemblée nationale François de Rugy a contre-attaqué vendredi face aux révélations sur ses dépenses fastueuses qui se succèdent, assurant qu’il ne démissionnerait pas.

« Non je ne lâcherai pas, je suis très en colère, je suis très en colère contre les mensonges », a déclaré M. de Rugy sur BFMTV/RMC, tour à tour indigné et ému, assurant avoir reçu mercredi le soutien du président Emmanuel Macron.

« Je n’ai absolument pas de raison de démissionner. Je l’ai dit au Premier ministre qui ne me l’a absolument pas demandé », a précisé le ministre de la Transition écologique, entendu la veille pendant deux heures par Edouard Philippe. Un entretien à l’issue duquel il s’est engagé le cas échéant à « rembourser chaque euro contesté ».

Le ministre a admis avoir songé à quitter son poste. Mais « je ne le ferai pas car je suis très en colère quand je lis un article qui prétend que j’occupe un logement social », a-t-il expliqué, au bord des larmes, au sujet de la location d’un appartement à Orvault, près de Nantes, qui serait « à loyer social préférentiel » selon le site d’informations Mediapart.

Il s’est dit « victime d’une tricherie » de son agence immobilière ou du propriétaire de l’appartement, où il accueille ses enfants lorsqu’il en a la garde le weekend.

– « Coupeurs de tête » –

L’ancien militant écologiste a en revanche rappelé que la présidente de Génération écologie Delphine Batho, qui réclame sa démission, avait « bénéficié d’un logement social pendant des années de la ville de Paris ».

La députée lui a répondu sur Twitter que, lorsqu’elle était ministre, elle n’avait « pas organisé un seul dîner privé » ni « de dîner +informel+ avec un lobbyiste », comme l’évoque Ouest-France vendredi. Selon le quotidien, le ministre a organisé en mars un dîner avec des lobbyistes du monde de l’énergie.

François de Rugy s’en est pris aussi à la députée LFI Clémentine Autain à qui il a reproché d’avoir « refusé de voter la réforme (à la baisse, ndlr) des retraites des députés ».

Photos de homards et de grands crus à l’appui, Mediapart a recensé entre octobre 2017 et juin 2018 une dizaine de dîners fastueux organisés à l’Hôtel de Lassay lorsque M. de Rugy était président de l’Assemblée nationale.

Le ministre a dit voir dans les photos des dîners « une personne qui règle des comptes avec (sa) femme » et qualifié de « mensonge » une autre information du Parisien selon laquelle son épouse Séverine de Rugy, journaliste au magazine Gala, aurait acheté sur l’argent de l’Assemblée un sèche-cheveu doré à la feuille d’or, pour 499 euros.

Il a dénoncé dans ces révélations « le fantasme des coupeurs de têtes » de « ceux qui gouvernent », et reproché à Mediapart d’avoir soutenu les « gilets jaunes » « jusqu’au bout ». Il a aussi protesté contre le fait que sa femme puisse être comparée à « Marie-Antoinette ».

Le ministre s’est défendu d’avoir « jamais acheté une bouteille de vin de plus de 30 euros de toute (sa) vie ». Il a expliqué qu’il ne mangeait pas de homard parce qu’il avait une « intolérance aux crustacés » et ne buvait pas de champagne qui « lui donne mal à la tête », suscitant des railleries sur les réseaux sociaux.

– « Image terrible » –

La ministre MoDem de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault a défendu sur LCI « le droit de se défendre et de s’expliquer. La démocratie c’est aussi ça ».

Mais l’ancien porte-parole du gouvernement et fidèle d’Emmanuel Macron Benjamin Griveaux a estimé sur France 2 que ces dépenses donnaient « une image terrible » des hommes politiques quand le gouvernement « demande des efforts ». Et sort de plusieurs mois de manifestations de « gilets jaunes ».

Le secrétaire d’Etat à l’Education Gabriel Attal a jugé sur France Inter que la « diplomatie gastronomique » n’était « à l’évidence » pas adaptée à des « dîners plus informels de travail ».

Un ministre de la Transition écologique « doit incarner la sobriété » et être « dans un combat contre les lobbys et les multinationales », a estimé le député LFI François Ruffin.

Plutôt indulgent avec M. de Rugy, un ancien membre d’EELV, le patron des Verts David Cormand a regretté qu’il y ait « deux grands perdants dans cette affaire, l’image de la démocratie et l’écologie ».

Selon un responsable de la majorité, « s’il n’y a pas d’autre élément qui l’accable, (François de Rugy) restera au gouvernement ».

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