La majorité LREM à mi-mandat, entre coups de semonce et continuité

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Dans la majorité LREM à l’Assemblée nationale, des « marcheurs » n’hésitent plus à lancer des avertissements à l’exécutif, comme mardi sur le Ceta, même si le renouvellement à mi-mandat des postes clés se traduit par le choix de la continuité.

Le scrutin sur la ratification du traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, marqué par un record de 9 votes contre et 52 abstentions chez les « marcheurs », a sonné comme un nouveau coup de semonce, après les 50 abstentions en février déjà sur le projet de loi « anticasseurs ».

Ce n’est « en aucun cas » un début de fronde, affirme Gilles Le Gendre, patron fraîchement reconduit du groupe fort de 304 membres du parti présidentiel à l’Assemblée. Il y voit la traduction de « sensibilités », à « l’image des Français », sur ce traité jugé par certains nocif pour l’environnement, fort enjeu de l’acte 2 du quinquennat.

« L’incompréhension des citoyens, notamment dans des territoires ruraux, sur des enjeux aussi complexes, est difficile à défendre pour certains », analyse une députée, qui souligne le « boulot énorme d’explications » mené en interne, qui a limité la casse.

« Ce sont des expressions individuelles, pas des courants », juge une source parlementaire. « La majorité évolue, grandit, devient plus mûre: les députés ont besoin d’être de plus en plus convaincus », selon une autre.

Un collègue peste: « On a une fédération d’auto-entrepreneurs qui n’ont aucun sens politique et qui sont tous prêts à la démagogie au premier coup de pression ».

Faut-il voir dans ce vote un soubresaut ou un mouvement plus profond? C’est un « avertissement » à l’attention du gouvernement sur ces traités commerciaux, affirme un de ces contestataires, mais « la majorité ne met pas le gouvernement en risque sur des textes majeurs », assure une de ses membres.

D’autres sont plus alarmistes: entre les 10-20 LREM qui délaissent le Palais Bourbon, et 20 à 50 abstentions devenant régulières, « le groupe majoritaire a virtuellement perdu la majorité » (à 289 voix), s’inquiète une de ses figures. L’allié MoDem, fort de ses 45 députés, n’est guère plus sûr.

– « Danser sur un volcan » –

Dans le même temps mardi, les « marcheurs », « profondément légitimistes » selon un observateur, ont reconduit à leur tête Gilles Le Gendre et trois présidents de commissions de l’Assemblée, dès le premier tour d’un vote interne.

Le député de Paris l’a emporté par 161 voix sur 295, face à cinq concurrents. Roland Lescure, qui n’avait pas d’adversaire, a été confirmé aux Affaires économiques, mais aussi Bruno Studer aux Affaires culturelles et Barbara Pompili au Développement durable, qui faisaient face à respectivement un et deux collègues.

Le cas de cette dernière est « très politique », décrypte un député au sujet de cette ex-écologiste, qui « survit dans la tempête » autour de son ancien collègue et ex-ministre François de Rugy.

Plutôt que des nouvelles têtes d’affiche, comme promis en juin 2017 pour la mi-mandat, les députés ont opté pour la sécurité et donné une prime aux sortants.

« On en a assez de danser sur un volcan en permanence… Et face aux textes importants qui nous attendent (bioéthique, budget…), la compétence reconnue est plus forte que le risque de se tromper », d’après une élue.

« Le chamboule-tout n’est pas toujours souhaitable dans un groupe aussi jeune », pour une bonne part issu de la société civile, relève une autre.

La « continuité » permet « de mieux continuer les travaux engagés », appuie Sylvain Maillard, alors que Gilles Le Gendre, qui avait succédé à Richard Ferrand en septembre 2018, entend affirmer « l’identité politique » du groupe, sans retomber dans les clivages gauche-droite, et renforcer son poids « vis-à-vis de l’exécutif ».

Face à la gestion actuelle, « tout le monde râle mais tout le monde vote pour la constance », grince un élu influent.

Reste le second tour du vote interne (Commission des Lois, des Affaires sociales et Défense), qui s’achève mercredi après-midi et montrera si les « marcheurs » respectent naturellement la parité, une de leurs valeurs fortes mais qu’ils n’avaient pas voulu imposer dans les règles du scrutin.

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