Paris bat son record de chaleur au paroxysme de la canicule

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Nuit probablement la plus chaude jamais mesurée, chaleur historique à Paris ou Lille: au paroxysme de la canicule, la France étouffait jeudi sous des températures dépassant les 40°C; avant une « dégringolade » du mercure à partir de vendredi par l’Ouest.

Vingt départements allant du Nord à l’Ile-de-France sont en alerte rouge canicule, et 60 autres en vigilance orange. Soit environ 85% de la population française concernée, selon la Direction générale de la Santé.

Alors que le seuil des 40°C n’était dépassé en France que de façon très exceptionnelle il y a un demi-siècle, des maximales de 40 à 43°C étaient prévues jeudi sur une grande partie du pays.

Après une nuit étouffante qui a probablement été la plus chaude de l’histoire (température minimale moyenne de 21,4°C qui ne pourra être confirmée qu’à la fin de la journée), la journée de jeudi pourrait être en moyenne plus chaude que les pires jours d’août 2003, même si on restera loin du record absolu qui date du précédent épisode de canicule de juin (46°C dans l’Hérault).

Paris a battu son record absolu datant de plus de 70 ans (40,4°C en 1947), avec 42,6°C mesurés à 16H32, mais le mercure pourrait encore grimper d’ici la fin de la journée.

D’autres villes ont également largement dépassé leur record historique, comme Lille (40,5°C) ou Rouen (40,7°C).

L’alerte rouge canicule a été utilisée pour la première fois en juin dans quatre départements du sud.

Mais « c’est la première fois que cela touche des départements du Nord de notre pays » avec des « populations qui ne sont pas habituées à des chaleurs de ce niveau-là », a souligné la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Si depuis la canicule de 2003, qui avait fait quelque 15.000 morts, les autorités insistaient surtout sur les risques pour les personnes vulnérables, notamment personnes âgées et enfants en bas âge, les mises en garde visent désormais toute la population.

Ces températures très élevées présentent « des risques importants pour les plus fragiles, mais aussi pour les personnes qui sont en bonne santé », a insisté jeudi le Premier ministre Edouard Philippe.

– gaspillage d’eau –

Même si à ce stade, il n’y a pas eu de hausse notable de passage aux urgences, selon les autorités, personne n’est ainsi l’abri d’une hyperthermie potentiellement mortelle lors d’un effort sportif, ou d’une noyade par hydrocution.

« Depuis début juillet, il y a eu une centaine de noyades avec 58 morts, c’est une augmentation spectaculaire », a indiqué jeudi le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Après ce jeudi exceptionnellement chaud, appelé à se répéter avec le changement climatique, la baisse des températures sera spectaculaire à partir de vendredi sur l’ouest du pays.

« S’il y a bien un jour où parler de dégringolade des températures, c’est là, avec une baisse des températures parfois de plus de 15°C dans une zone où il y aura une forte activité pluvieuse demain, comme la Normandie et les Pays de la Loire », a indiqué Olivier Proust, prévisionniste à Météo France.

La canicule persistera en revanche encore jusqu’à vendredi soir ou samedi matin dans l’Est. La fin de cet épisode, le deuxième en moins d’un mois, sera accompagné « d’orages localement forts et porteurs de grêle, vendredi sur l’ouest, et dans l’est samedi », a-t-il ajouté.

Cet épisode est accompagné d’habituels pics de pollution à l’ozone à Paris, en Rhône-Alpes ou en Alsace. La circulation différenciée a été activée dans plusieurs villes dont Paris, Lyon et Lille.

Cette chaleur va également aggraver l’assèchement des sols superficiels, alors que 77 départements sont désormais concernés par des restrictions d’eau en raison de la sécheresse liée à un « déficit de pluviométrie marqué » depuis un an dans de nombreuses régions.

Sécheresse et canicule qui augmentent les risques d’incendies. « En ce qui concerne les feux de forêt, 3.500 hectares ont déjà brûlé cette année, et ce n’est pas cantonné au sud de la France et à la Corse. Les feux de chaumes (ndlr: qui concernent tout ce qui n’est pas de la forêt: végétation, herbes coupées, moissons…) représentent 5.800 hectares », a indiqué Christophe Castaner.

Face aux risques, la SNCF a de son côté invité ses clients à reporter ou annuler leurs déplacements dans la zone rouge. Les autorités recommandent d’éviter les grands trajets en train ou en voiture.

Les autorités avaient été vivement critiquées lors de la canicule de 2003 qui avait fait quelque 15.000 morts. Jeudi, de nombreux ministres étaient sur le pont pour afficher la mobilisation du gouvernement. Comme la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson qui a distribué des gourdes sur un marché du Tarn.

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