Un tramway pour relier les gares, le développement des zones piétonnes, et des pistes cyclables au détriment des places de parking: le candidat d’EELV pour la mairie de Paris David Belliard a présenté mardi son plan pour « libérer » la capitale de la voiture.
« La capitale est construite autour du tout-voiture individuelle, 50% de sa superficie y est consacrée alors qu’elle représente uniquement 13% des déplacements », a souligné l’écologiste lors d’une conférence de presse à la Maison du vélo à Paris, près de Bastille.
Et celui qui est membre de la majorité sortante d’Anne Hidalgo (PS) mais présente une candidature autonome en mars prochain martèle qu' »il faut faire des choix »: les écolos veulent « des pistes cyclables sécurisées dans toutes les rues de Paris là où c’est possible », ce qui implique de « retirer en surface la moitié des places de stationnement » pour les voitures.
Plus largement, David Belliard veut « favoriser les modes de déplacement non-polluants », mais, constatant la « saturation » du métro, propose le déploiement d’un tramway reliant les gares de Montparnasse, d’Austerlitz, de Lyon, de l’Est et du Nord.
Cela représente 10 km de ligne sur des « emprises de boulevard » pour un coût estimé à 400 ou 500 millions d’euros, estiment les écologistes. Interrogé sur l’ampleur déjà importante des travaux dans la capitale, M. Belliard a affirmé: « L’exaspération est liée à une mauvaise planification, avec des travaux qui se font partout en même temps ».
« Il faut assumer de transformer, de reconfigurer l’espace public », a-t-il ajouté, disant ne pas craindre l’impact d’une telle proposition sur l’électorat. Le dernier sondage, mi-septembre, était décevant pour les écologistes au vu de leurs ambitions (13%, loin des 24% d’Anne Hidalgo).
Avant la présentation d’un projet plus global à partir de janvier, David Belliard souhaite aussi la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, multiplier par 10 le nombre d’arceaux à vélos, soutenir l’installation d’ateliers de réparation solidaires, piétonniser 300 abords d’école, ou encore mettre en place le stationnement payant pour les deux roues motorisées.
Il compte porter au niveau métropolitain un « pacte » « pour favoriser l’intermodalité », comme des lignes de bus de proximité reliées à des stations de RER.
Les écologistes ne proposent en revanche pas de péage urbain, comme à Londres par exemple: « On n’est pas là pour sanctionner les gens mais pour créer des alternatives », a expliqué la tête de liste dans le XIVe arrondissement, Florentin Letissier.
