Dans la rue, les transports et de nombreux secteurs, mobilisation massive contre la réforme des retraites

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Plus de 180.000 personnes étaient dans la rue jeudi partout en France et des secteurs entiers d’activité tournaient au ralenti dans le cadre d’une mobilisation massive contre la réforme des retraites, promesse phare du quinquennat d’Emmanuel Macron.En milieu de journée, des milliers de personnes défilaient à Marseille, parmi lesquelles le patron de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. A Rennes, des cheminots côtoyaient des pompiers, des enseignants, des aides a domicile, des salariés d’EDF…Partout, les cortèges étaient fournis. Avant même le départ de la manifestation parisienne prévue à 14H00, on comptait plus de 180.000 manifestants dans une trentaine de villes, selon un décompte AFP à partir de sources policières et préfectorales. « Retraite à points, travail sans fin », affichait une pancarte à Montpellier, où la police a décompté 20.000 manifestants, parmi lesquels avocats en robe et soignants en blouse blanche. Ils étaient 19.999 à Nantes, 15.000 à Clermont-Ferrand et 10.500 à Tours, 9.500 à Perpignan, 9.000 à Caen, 7.250 au Havre, 5.200 à Périgueux, selon la police. A Guéret, où la préfecture a compté 2.000 manifestants, « cela fait des années qu’on n’a pas vu autant de monde, peut-être depuis mars 2005 pour la défense des services publics », se réjouit un syndicaliste.De brefs affrontements entre jeunes cagoulés, « gilets jaunes » et forces de l’ordre ont éclaté en marge de la manifestation lyonnaise, a constaté l’AFP.Face au mouvement, le président Emmanuel Macron est « calme et déterminé à mener cette réforme, dans l’écoute et la consultation », a indiqué l’Élysée, précisant que « le Premier ministre s’exprimerait vers le milieu de la semaine prochaine sur l’architecture générale de la réforme ».A l’origine de la mobilisation, le futur « système universel » de retraites par points, censé remplacer les 42 régimes existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires). L’exécutif promet un système « plus lisible » et « plus juste », quand les opposants s’attendent à une « précarisation » des retraités.- Dans la durée? -Plusieurs récents sondages ont montré que le mouvement, à l’appel de la CGT, FO, la FSU et Solidaires ainsi que plusieurs organisations de jeunesse, était majoritairement soutenu par les Français.Pour Pierre Malige, 42 ans, professeur à l’université manifestant à Nantes, « on ouvre la voie à la capitalisation, parce qu’on va avoir une baisse des pensions et que donc le réflexe pour beaucoup de collègues, ça va être de jouer en individuel et moi j’ai envie qu’on continue à jouer collectif pour les retraites ».Dans les transports, on comptait 90% de TGV et 80% de TER annulés, et 10 lignes du métro parisien fermées. Des grèves illimitées sont prévues à la RATP et à la SNCF, où le taux de grévistes a atteint 55,6% en moyenne, et 85,7% parmi les conducteurs, selon la direction.Sept des huit raffineries françaises étaient en grève, sans impact pour l’instant sur les stations-service.Les compagnies aériennes ont été priées de réduire de 20% leur programme. Nombre d’écoles sont aussi restées closes. Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 51,15% d’enseignants grévistes dans le primaire et 42,32% dans le secondaire. Au total, un fonctionnaire sur cinq était en grève (21,2%), selon le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt.A EDF, le taux de grévistes atteignait 43,9% selon la direction. Selon la CGT, les préfectures de Haute-Marne et de Lorraine notamment ont été privées de courant.Éboueurs, avocats, retraités ou transporteurs routiers appelaient également à l’action. De même que des « gilets jaunes », le PS, LFI, le RN ou le PCF.- « Se mettre un peu sur la figure » -Des syndicats peu coutumiers des manifestations sont de la partie, dont des fédérations de l’Unsa. Quelque 200 personnes se sont rassemblées à l’appel de ce syndicat aux abords du ministère des Finances, a constaté une journaliste de l’AFP. « Nous, on a les deux fers de l’action au feu », a expliqué son secrétaire général, Laurent Escure: « La négociation parce qu’on ne veut pas laisser les salariés tout seuls » et « la mobilisation pour les secteurs en colère ».Des syndicats de la CFTC et la CFE-CGC ont aussi appelé à manifester.Seule la CFDT continue de soutenir l’idée d’une réforme « universelle ». Mais son secrétaire général, Laurent Berger, a regretté jeudi que « la logique qui prévaut, c’est quand même de se mettre un peu sur la figure avant de commencer à discuter ».Pour décider de la suite du mouvement, des assemblées générales sont prévues en fin de journée, ainsi qu’une réunion vendredi matin des organisations à l’initiative du mouvement. »On ne pense pas qu’il y aura une amélioration significative demain » dans les transports publics, a déclaré la ministre des Transports, Élisabeth Borne, tout en assurant ne pas se mettre « dans l’idée qu’on s’installe dans un conflit long ». A la RATP, la reconduction du mouvement a été votée en assemblées générales jusqu’au lundi 9.La grève sera « reconductible pour un certain nombre de secteurs, c’est certain », a estimé jeudi le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.A Paris, le ministère de l’Intérieur s’attend à la présence de « quelques centaines » de « black blocs » et « gilets jaunes radicaux », une situation quasi habituelle depuis la loi travail de 2016. La préfecture de police a mobilisé près de 6.000 policiers et gendarmes. A 13H00, la préfecture de police signalait 6.333 personnes contrôlées et 28 interpellations.Les syndicats n’ont pas obtenu de recul sur une réforme décriée depuis 2006, avec le Contrat première embauche.

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