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pressions politiques pour généraliser le traitement à la chloroquine

Plusieurs élus, notamment de droite, ont fait monter la pression dimanche pour généraliser rapidement l’utilisation de la chloroquine pour traiter le coronavirus, même si l’efficacité de cet anti-paludique est toujours en cours d’évaluation scientifique.

« La chloroquine, pourquoi ne l’utilise-t-on pas ? », s’est ainsi interrogé sur France Inter le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau.

« Elle a un avantage, elle n’est pas chère. Est-ce que c’est parce que les grands labos aimeraient se faire de l’argent sur le dos de nos concitoyens? », a-t-il poursuivi.

Alors que le spécialiste des maladies infectieuses Didier Raoult a conduit à Marseille une première étude prometteuse, mais sur un échantillon de 24 patients seulement, M. Retailleau a plaidé pour « qu’on n’attende pas ce que les milieux académiques peuvent attendre, c’est-à-dire des règles standards, académiques, de la recherche de risques ».

« Peut-être faut-il simplement le prescrire en milieu hospitalier (…) De toutes façons qu’est-ce qu’on risque ? Les gens meurent », a-t-il insisté.

« On a eu suffisamment de retard sur les masques, les tests, le confinement, pour qu’on n’en prenne pas sur le traitement », a-t-il encore observé.

Le maire de Nice, Christian Estrosi (LR), lui-même contaminé par le coronavirus, a également dit dimanche à radio J qu’il a « envie qu’on fasse confiance » à Didier Raoult. « L’hôpital de Nice aujourd’hui a été approvisionné avec Sanofi (ndlr: en chloroquine), comme d’autres établissements hospitaliers de notre pays (…) il y a des protocoles et à partir du moment où le médecin hospitalier se tourne vers les familles en demandant si elles sont d’accord, eh bien tant mieux », a souligné M. Estrosi qui lui-même va « bien ».

Suivie à Marseille, comme la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal, par le Dr Raoult après avoir été infectée par le coronavirus, la députée (LR) Valérie Boyer a elle aussi défendu le traitement à la chloroquine, vantant les mérites du scientifique. « Nous n’avons pas affaire à un charlatan mais un homme de science », a-t-elle plaidé sur BFMTV.

Le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a pour sa part annoncé dimanche avoir demandé au gouvernement « de consulter les praticiens et autorités sanitaires de l’île pour que la Corse puisse intégrer immédiatement le programme visant à confirmer l’efficacité du traitement ».

Samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué avoir demandé à ce que l’étude du professeur Raoult « puisse être reproduite à plus large échelle dans d’autres centres hospitaliers, par d’autres équipes indépendants ».

Un complément nécessaire car « jamais aucun pays au monde n’a accordé une autorisation de traitement sur la base d’une étude comme celle-ci », a-t-il fait valoir.

M. Véran espère des résultats d’ici 15 jours.

« L’histoire de maladies virales est peuplée de fausses bonnes nouvelles, peuplée de déceptions, de prises de risques inconsidérées aussi », a averti le ministre.

Le traitement à la chloroquine, « nous n’hésitons pas à le mettre en place mais nous suivons un protocole scientifique », a insisté dimanche sur LCI la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, en soulignant que des expérimentations se poursuivaient « à Lille et à Paris ».

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