Concert virtuel d’artistes algériens pour soutenir les prisonniers du « Hirak »

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« On ne s’arrêtera pas! On ne se taira pas! » Des artistes algériens se mobilisent samedi pour un concert de solidarité diffusé en ligne afin de soutenir les prisonniers du « Hirak », le mouvement populaire antirégime, et défendre la liberté d’expression en Algérie.

Le concert –nommé « Songs of Freedom » (Chants de liberté)– est organisé par un regroupement de collectifs de la diaspora algérienne.

Il sera diffusé samedi à partir de 20H00 GMT (21H00 à Alger) sur YouTube et plusieurs pages Facebook, à quelques heures de l’Aïd El-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, selon les organisateurs.

L’idée du concert est née à l’initiative de Free Algeria, qui réunit des collectifs de la diaspora disséminés en France, aux Etats-Unis, en Suisse, en Belgique, en Italie ou encore en Autriche.

Les organisateurs ont recueilli le soutien d’une quinzaine d’artistes algériens et de médias comme Radio Corona Internationale, Wesh Derna, Berbère TV et L’Avant-Garde, « site d’information des luttes progressistes », récemment censuré en Algérie.

Parmi les artistes qui monteront virtuellement sur scène: le groupe algéro-québecois Labess, le rockeur gnawi Cheikh Sidi Bémol et la chanteuse de rock progressif Amel Zen.

Ces derniers ont envoyé un clip vidéo avec un message adressé aux détenus du « Hirak » suivi de leur performance musicale, explique à l’AFP Faïza Menai, membre du collectif Debout l’Algérie et de Free Algeria, saluant le courage des artistes basés en Algérie qui participent à l’événement malgré le climat de répression.

La compilation des contributions aboutira à un concert d’un peu plus d’une heure.

– « Deux virus: corona et répression » –

En dépit de l’arrêt forcé des manifestations du « Hirak » depuis la mi-mars, à cause de l’épidémie de Covid-19, la répression continue de s’abattre sur des opposants politiques, des journalistes, des médias indépendants et des internautes.

Quinze militants ont été condamnés cette semaine à des peines de prison ferme, dont trois pour leurs publications sur les réseaux sociaux.

« Ce soir nous allons chanter pour les détenus d’opinion. Nous allons veiller et penser à tous ces prisonniers politiques enfermés dans leur cellule, loin de leurs parents, de leur famille, de leurs enfants, de leurs amis », a écrit Cheikh Sidi Bémol sur Facebook.

« Je participe en solidarité avec les détenus. Il faut les libérer! Ce n’est pas normal de continuer à réprimer les libertés », a déclaré Amel Zen à l’AFP.

« Nous avons deux virus: le corona et la répression. »

Les noms d’une soixantaine de prisonniers du « Hirak » et les photos de quelques-uns d’entre eux figurent sur l’affiche du concert qui circule sur les réseaux sociaux.

Parmi les slogans en arabe et en français qui apparaissent sur l’affiche: « On ne s’arrêtera pas! On ne se taira pas! Pour un Etat de droit! Pour une liberté d’expression! ».

Selon le groupe Labess, « la liberté d’expression et le respect des droits de l’Homme sont en danger en Algérie ».

« Les médias sont muselés, des jeunes sont arrêtés pour de simples publications sur les réseaux sociaux. Nous devons les soutenir, montrer qu’ils sont toujours dans nos pensées », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens, le « Hirak » réclame un changement du « système » en place depuis l’indépendance du pays en 1962. En vain, jusqu’à présent, même s’il a obtenu en avril 2019 la tête du président Abdelaziz Bouteflika après 20 ans de règne.

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