un scénario sur la table ou sous le tapis?

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Le scénario d’une Ligue 1 à 22 clubs, soufflé par le Conseil d’Etat mardi pour repêcher Toulouse et Amiens, doit être réexaminé par les dirigeants du foot français. Mais ces derniers fourbissent déjà leurs arguments: calendrier surchargé, droits TV à répartir, relégations supplémentaires…

– Amiens et Toulouse sauvés ? –

Non, pas encore: le juge des référés du Conseil d’Etat s’est contenté mardi de balayer l’argumentaire juridique utilisé pour reléguer Toulouse et Amiens, à savoir la convention entre la Ligue de football professionnel et la Fédération limitant la L1 à « vingt clubs au plus ». « La convention actuellement en vigueur, qui prend fin le 30 juin 2020, ne régit pas la saison 2020-2021 », a relevé le juge.

Cette « erreur de droit » a permis aux requérants de crier victoire. Mais ils l’ont fait trop vite, selon la Ligue. « On va réexaminer, mais cela ne veut pas dire forcément qu’on va jouer à 22 » la saison prochaine, a réagi auprès de l’AFP Didier Quillot, directeur général exécutif, en rappelant que son conseil d’administration avait « considéré que la L1 se joue maximum à 20 clubs depuis plus de 40 ans ».

– Des raisons d’y croire –

Du côté d’Amiens, on croit au maintien: le juge « a donné la marche à suivre à la LFP car il ne pouvait pas dire +jouez à 22+ la saison prochaine » mais « il a fortement incité la LFP à le faire », affirme à l’AFP l’avocat du club, Me Guillaume Tapie.

Sur le fond, le juge a aussi fourni quelques munitions aux relégables. « La décision de reléguer en Ligue 2 les deux derniers clubs de Ligue 1 est de nature à porter une atteinte grave et immédiate aux intérêts des clubs concernés », écrit-il dans son ordonnance, laissant aux instances jusqu’au 30 juin pour réexaminer leur décision.

Et Amiens a d’ores et déjà annoncé de nouveaux recours si ce réexamen ne va pas dans son sens…

– Calendrier surchargé –

Devant le Conseil d’Etat, Amiens a affirmé que la disparition programmée de la Coupe de la Ligue rendait quasiment indolore l’ajout de quatre journées supplémentaires de championnat. A l’inverse, la Ligue a rappelé les contraintes du calendrier 2020-2021, entre un début de championnat espéré le week-end du 22 août et une conclusion fin mai, pour ne pas empiéter sur la préparation de l’Euro décalé d’une année (11 juin au 11 juillet 2021).

La LFP pourrait aussi reprendre à son compte l’argument utilisé par la Fédération pour rejeter le passage d’une L2 à 22. Un championnat avec 42 journées contre 38 aujourd’hui est « susceptible de faire courir un risque pour la santé et l’intégrité physique des joueurs en leur imposant un calendrier d’une cadence inédite », a justifié le Comité exécutif de la FFF fin mai.

– Pactoles en jeu –

La question des droits télévisuels s’invite également dans le débat. Passer de 20 à 22 clubs entraînerait en effet une répartition plus éclatée du « milliard annuel » (1,22 md EUR, L2 comprise) obtenu par la LFP lors de l’appel d’offres du cycle 2020-2024. Les écuries de l’élite feront-elles pression pour éviter un morcellement du magot? L’idée n’est pas à écarter, d’autant que le gâteau risque déjà d’être entamé par la volonté de la L2 d’obtenir une part plus grande.

« Avec une Ligue 1 à 22, les droits TV seront plus importants et les recettes (en billetterie, ndlr) seront augmentées par les journées supplémentaires », a répliqué le président d’Amiens Bernard Joannin auprès de l’AFP.

Mais un élargissement du championnat conduirait mécaniquement à programmer davantage de matches en semaine, à des horaires moins favorables pour les chaînes. Pas de quoi enchanter Mediapro, futur diffuseur de la L1…

– Davantage de descentes en 2021 ? –

Dans l’hypothèse d’une L1 à 22, il conviendrait de procéder à quatre relégations en fin de saison prochaine, voire potentiellement cinq si des barrages L1/L2 sont maintenus. Devant le Conseil d’Etat, la Ligue a ainsi argué que les chances de descendre passeraient à 18% dans un scénario à quatre relégations, contre 10% actuellement, ce qui serait contraire à l’intérêt du football français.

La FFF a avancé des arguments similaires pour défendre le maintien des relégations dans les championnats amateurs et en Ligue 2.

Une réforme de la L1 obligerait-elle la FFF à revoir sa position sur les relégations dans les divisions inférieures? Saisi par une trentaine de clubs amateurs, qui contestent leurs descentes pour la plupart, le Conseil d’Etat doit trancher mercredi ou jeudi.

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