Val-de-Marne: un homme frappe à mort son bébé qu’il considérait comme un rival vis-à-vis de sa compagne

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Un homme de 22 ans est jugé devant la cour d’assises du Val-de-Marne pour avoir tué son bébé de 5 mois en le frappant, lui causant un traumatisme crânien et de multiples fractures, en février 2017. Son procès s’est tenu jusqu’à lundi, relate Le Parisien.

Un véritable « massacre », dira l’une des avocates des parties civiles, Me Aurélie Tancelin. Ces ultimes violences, qui ont conduit à la mort du nourrisson, ont été l’épilogue de plusieurs mois de souffrances et de coups reçus par le petit Kays. Il était le seul enfant de ce couple.

L’enquête a montré que le prévenu considérait son propre fils comme un rival vis-à-vis de sa compagne. Jayson, le meurtrier, ne supportait pas cet intrus dans la relation qu’il entretenait avec Julie.

Pour le jeune homme, l’amour fou qui l’unissait à la jeune femme pouvait s’évanouir, au risque de se faire abandonner, comme son père l’avait abandonné douze ans auparavant.

À l’audience, l’avocat général a souligné « la violence intégrée dans le quotidien » de cette famille, mais a indiqué « aussi croire » en « l’avenir » du jeune homme. Il a requis onze ans de réclusion criminelle à son encontre. Les jurés ont suivi ces réquisitions.

La naissance de l’enfant, pas une bénédiction pour le père

Il vivait une relation exclusive avec Julie, son premier amour. Le jeune homme, au casier judiciaire vierge jusqu’ici, s’était installé chez les parents de la jeune femme. Son beau-père, sourd-muet comme son épouse, avait accepté sa venue, mais sans enthousiasme. La naissance de Kays, en août 2016 avait estompé ses craintes et rempli de bonheur toute la famille… sauf Jayson.

Le père du nourrisson, lui, n’a pas vécu la naissance de son fils comme une bénédiction. Bien au contraire. Il ne désirait pas d’enfant et voulait uniquement « combler son plaisir à elle », dira une psychologue. La jeune femme « n’a pas vu qu’elle le contraignait dans une paternité », a souligné Me Cerman, l’avocate de Julie. Elle ne l’a pas forcé non plus.

Tragédie de plein fouet pour la mère

Cette dernière a d’ailleurs vécu la tragédie de plein fouet. Elle a perdu son bébé d’une mort violente et a éprouvé un immense sentiment de culpabilité, car elle n’avait pas vu ce qui se passait quand Kays était seul avec son père.

Avant de se constituer partie civile, la jeune femme avait dû endurer une garde à vue et une mise en examen pendant deux ans pour complicité. Elle avait finalement bénéficié d’un non-lieu. La jeune femme a refait sa vie depuis cet épisode terrible, et elle est désormais maman d’une petite fille.

Le père de Kays, quant à lui, a reconnu avoir porté les coups, sans grande conviction. Lorsqu’il aborde le sujet, il reste froid, sans aucun affect apparent, précise le quotidien francilien. Pour la psychologue qui l’a examiné, il faudra d’abord que cette barrière d’insensibilité qu’il s’est forgée s’effondre, avant qu’il puisse se reconstruire.

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