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Castex donne des gages aux partenaires sociaux sur les retraites et l’assurance chômage

Après avoir clamé sa foi dans le « dialogue social » lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Jean Castex a donné des gages vendredi aux partenaires sociaux en acceptant de « détendre le calendrier » sur les réformes des retraites et de l’assurance chômage.

« En détendant les calendriers, cela permet d’éviter les sujets qui fâchent », a commenté le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, au sortir de cette « conférence du dialogue social » qui succède à des rencontres bilatérales la semaine dernière.

Première satisfaction pour les syndicats et le patronat, qui avaient tous repoussé l’idée de reparler rapidement du dossier des retraites: les concertations sur ce thème sont repoussées « au moins jusqu’à la fin de l’année ».

Comme réclamé par le Medef notamment, M. Castex a annoncé aux participants qu’il saisirait de nouveau le Conseil d’orientation des retraites (COR) à la rentrée afin d’évaluer la situation financière des régimes actuels en distinguant la partie liée à la crise en cours du déficit structurel.

Selon une estimation provisoire du COR dévoilée en juin, le déficit pourrait approcher les 30 milliards d’euros cette année, un chiffre mis en avant par l’exécutif pour justifier la nécessité de prendre des mesures et ne pas « mettre la poussière sous le tapis », comme l’a expliqué François Asselin, président de la CPME.

« Nous continuons de croire qu’un système universel est plus juste mais la priorité n’est pas celle-ci aujourd’hui », a redit le patron de la CFDT Laurent Berger, qui veut se concentrer sur « la lutte contre le chômage, le maintien de l’emploi, la lutte contre la paupérisation » et a vu « une vraie sincérité du Premier ministre dans sa conviction du dialogue social ».

Autre satisfaction: le report jusque début 2021 de la totalité de la réforme de l’assurance chômage, y compris les mesures déjà entrées en vigueur le 1er novembre qui durcissent les conditions d’ouverture de droits (avoir travaillé six mois pendant une période de 24 mois, au lieu de 4 mois sur 28) et de leur rechargement.

Jean Castex s’était dit prêt, la semaine dernière, à « décaler » cette réforme, dont les syndicats réclament l’abandon pur et simple alors que l’Unédic pronostique la destruction de 900.000 emplois d’ici la fin de l’année.

– « En train de changer » –

Le Premier ministre, arrivé à Matignon avec une réputation de négociateur, a salué « le sens des responsabilités des partenaires sociaux » et « la qualité du dialogue », alors que ceux-ci se sont sentis largement marginalisés pendant les trois premières années du quinquennat.

« Tout cela ne préjuge pas d’un accord global. Il y aura, on le sait, des divergences (…) mais il faut d’abord savoir nous parler, nous respecter et fixer des voies et des chemins pour l’avenir », a-t-il plaidé, promettant sur les retraites « une nouvelle méthode ».

« Il semble que quelque chose soit en train de changer dans la méthode du gouvernement », a même lancé le président de la CFE-CGC, François Hommeril, qui a habituellement la dent très dure envers l’exécutif. « C’est un discours de gaulliste social qui rompt avec Macron, c’est déstabilisant », a commenté le numéro un de FO, Yves Veyrier, auprès de l’AFP.

Le Premier ministre a garanti un « calendrier extrêmement exigeant » d’abord sur l’emploi et également « pour arrêter et finaliser le plan de relance » auquel les partenaires sociaux seront étroitement associés.

Des concertations auront lieu dès la semaine prochaine au ministère du Travail sur l’emploi des jeunes, dont 700.000 sont attendus sur le marché du travail à la rentrée.

Il s’agit de fixer les modalités de la réduction annoncée du coût du travail de 4.000 euros par an (prime ou exonération de cotisations), qui doit concerner chaque jeune de moins de 25 ans employé par une entreprise. Le Medef a demandé que cette mesure ne soit pas limitée à 1,6 Smic, une question en suspens. Les syndicats sont hostiles par principe aux exonérations, qui affaiblissent le financement de la Sécurité sociale, et craignent des effets d’aubaine.

Pour les nombreuses concertations à venir (financement de la protection sociale, dépendance, assurance chômage, travailleurs détachés, partage de la valeur, etc.), dont certaines seront déclinées territorialement (plan de relance, transition écologique), un agenda sera envoyé aux partenaires sociaux en début de semaine prochaine.

La CGT n’avait pas attendu cette conférence sociale pour annoncer dès la semaine dernière une journée de mobilisation et de grève le 17 septembre prochain.

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