espoir prudent d’un accord à Bruxelles, masques obligatoires en France

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Les dirigeants allemand et français ont tous deux exprimé « l’espoir » d’un accord peu avant la reprise, lundi après-midi à Bruxelles, d’un sommet européen interminable sur la réponse économique à apporter à l’épidémie de coronavirus, dont la progression a conduit la France à rendre le masque obligatoire dans les lieux publics clos.

A Londres, le gouvernement britannique a annoncé lundi la conclusion de deux accords visant à lui garantir 90 millions de doses de deux vaccins en cours de développement contre le Covid-19.

Dans le même temps, un haut responsable russe indiquait à Moscou que la Russie espérait produire avec ses partenaires quelque 200 millions de doses d’un vaccin contre le coronavirus cette année si les essais cliniques étaient réussis.

Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, qui ont multiplié les échanges depuis vendredi dans un climat parfois tendu, ont décidé à l’aube de faire une pause avant de se retrouver à 16H00 (14H00 GMT).

Tout en se disant « extrêmement prudent », le président français Emmanuel Macron a évoqué en début d’après-midi, à son arrivée au Conseil européen, « les espoirs possibles d’un compromis ».

La chancelière allemande, Angela Merkel, est allée un peu plus loin en révélant que les 27 avaient mis au point dans la nuit « un cadre pour un possible accord », parlant de « pas en avant » qui donne « l’espoir qu’un accord puisse être atteint aujourd’hui, du moins qu’un accord est possible ».

Mais la partie s’annonçait délicate tant les positions restaient éloignées, notamment sur la question de la répartition des 750 milliards d’euros du plan de relance, qui doit permettre aux économies européennes éprouvées par l’épidémie de retrouver des couleurs.

Les Etats dits « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark), auxquels s’est associée la Finlande, préfèrent les prêts, remboursables par chaque Etat bénéficiaire, aux subventions.

Ils se heurtent aux autres membres du bloc, Paris et Berlin en tête, hostiles à tout accord qui réduirait la part des subventions, symboles à leurs yeux de la solidarité européenne.

– Plus de 600.000 morts –

Sur le terrain, le Covid-19 continuait lundi de se propager ou reprenait dans de très nombreux pays.

Selon un bilan établi à 11H00 GMT par l’AFP à partir de sources officielles, la pandémie a fait au moins 606.605 morts. En outre, plus de 14.528.490 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l’épidémie, dont au moins 7.935.600 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

Les Etats-Unis restent le pays le plus touché, tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.474 décès pour plus de 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l’ouest.

Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.300), le Mexique (39.184) et l’Italie (35.045).

– Près de 500 « clusters » en France –

Face à la progression du virus et à la crainte d’une deuxième vague, de nombreux pays ont décidé de renforcer les mesures sanitaires, à l’image de la France, où le port du masque est devenu lundi obligatoire dans les lieux publics clos, sous peine d’une amende de 135 euros.

Tout en affirmant que la France était « très loin » d’une deuxième vague, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué qu’il y avait « entre 400 et 500 clusters » enregistrés dans le pays.

Le Premier ministre français, Jean Castex, a, par ailleurs, indiqué « surveiller de très près » la situation sanitaire en Catalogne (nord-est de l’Espagne), n’excluant pas une nouvelle fermeture des frontières avec l’Espagne.

Les accords annoncés lundi à Londres concernent deux vaccins en cours de développement contre le Covid-19, celui de l’alliance germano-américaine BioNTech/Pfizer (30 millions de doses) et celui du laboratoire français Valneva (60 millions de doses, avec une option pour 40 millions de doses supplémentaires).

Il s’ajoute à un premier accord avec le groupe britannique AstraZeneca pour 100 millions de doses du vaccin que développe l’université d’Oxford, considéré comme parmi les plus prometteurs dans le monde.

La flambée du nombre d’infections sur le sol américain n’a, en revanche, pas entamé la confiance et l’optimisme de Donald Trump, qui a une nouvelle fois assuré, dans une interview à Fox News diffusée dimanche, que la maladie finirait par « disparaître » et s’est dit opposé à l’idée d’imposer le port du masque au niveau national.

– Réouverture des cinémas en Chine –

En Chine, où le virus est apparu à la fin de l’an dernier, une partie des quelque 70.000 cinémas du pays, fermés fin janvier, ont rouvert lundi avec énormément de précautions: billets vendus uniquement en ligne, distance entre les sièges et pop-corn interdits. Les cinémas de Pékin demeurent toutefois fermés pour le moment.

Dans un complexe de la franchise SFC à Shanghai, le personnel s’activait à nettoyer minutieusement les sièges et les lunettes 3D avec des chiffons imbibés de désinfectant avant la première projection.

Lu Yonghao, l’un des tout premiers spectateurs à faire son retour dans une salle obscure, ne cachait pas son enthousiasme. « Ca fait plus de six mois que je n’ai pas vu de film » au cinéma, a expliqué à l’AFP ce jeune homme de 25 ans.

A Hong Kong, la cheffe de l’exécutif local, Carrie Lam, avait fait état dimanche d’une situation « critique » dans la lutte contre le coronavirus, l’ex-colonie britannique ayant répertorié plus de 100 nouvelles contaminations en 24 heures, un record.

burx-CHZ/sg

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