« le pire accord » pour Le Pen, Hollande salue « un progrès majeur »

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La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a qualifié mardi le plan de relance de l’Union européenne de « pire accord pour la France de toute l’Histoire de l’UE », l’ancien président François Hollande saluant au contraire « un progrès majeur ».

« Macron vient de signer le pire accord pour la France de toute l’Histoire de l’UE! Pour protéger son ego, il sacrifie notre avenir et notre indépendance: impôts européens, abandon de notre agriculture, engagement financier colossal du pays… », a tweeté Mme Le Pen, selon qui « la France va contribuer à un fonds dont elle perdra la maîtrise d’affectation » et « va contribuer à un fonds en étant contributeur déficitaire ».

Dans un communiqué, le RN ajoute qu’alors qu' »une vague de faillites et de licenciements s’annonce pour l’automne, la France décide de se mutiler financièrement pour nourrir une vision idéologique et antinationale de l’Europe appelée +Union européenne+ ».

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon, numéro un de La France Insoumise, a estimé sur Twitter que « Macron a tout cédé: des rabais de cotisations aux pays radins, des contrôles de dépenses, la baisse du montant du plan de relance etc. Bérézina ».

Pour lui, « Macron ne sait pas négocier » parce que la France selon lui « contribue pour 17% au budget de l’UE. Elle recevrait 40 milliards de subventions. Sauf impôts européens elle devra rembourser… 66 milliards ! ».

A l’inverse, l’ancien président socialiste François Hollande salue, dans un communiqué, « un progrès majeur dans la solidarité entre les 27 ». « La capacité donnée à la Commission de lever un emprunt procurera à l’Union européenne des ressources nouvelles qui accélèreront la transition écologique ».

Mais l’UE « dans sa forme actuelle ne permet pas d’aller aussi loin que la situation l’exigerait », déplore l’ex-chef de l’Etat qui appelle à « une Europe de l’avant avec quelques pays autour du couple franco-allemand ».

Jean-Christophe Lagarde (UDI) s’est aussi félicité d’une « très bonne nouvelle pour l’UE », notant que « pour la première fois, il y a l’acceptation du fait qu’on ne peut pas faire que du business en commun ».

Pour l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, « la France et l’Allemagne retrouvent ensemble la force du réveil européen. »

Le patron des députés LR Damien Abad a invité lors d’un point de presse à ne pas tomber « dans une espèce d’euphorie communicationnelle », pointant des aspects positifs mais aussi de « vraies interrogations », notamment sur la contrepartie accordée aux pays dits « frugaux », ou la question du financement de l’emprunt, objet d’un « flou généralisé ».

Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a dit sur France Inter craindre la création d’un « impôt nouveau » pour rembourser la dette commune et une relance de l’emploi « en Chine ».

Au nom des députés communistes, Pierre Dharréville a exprimé un jugement « assez sévère » sur l’accord qui revient pour lui à « une solidarité trompeuse, au rabais ».

Le président de Debout La France Nicolas Dupont-Aignan a estimé qu’Emmanuel Macron roulait « les Français dans la farine! » avec un plan « qui coûtera à notre pays le double de ce qu’il rapportera ».

Le président du groupe Agir Ensemble à l’Assemblée nationale Olivier Becht s’est félicité de l’instauration d’un « fédéralisme budgétaire », malgré « les limites » de la règle de l’unanimité, qui amènera à « réfléchir à un embryon de gouvernement européen ».

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