Le nouveau maire (EELV) de Bordeaux Pierre Hurmic a souhaité jeudi l’installation à Bordeaux d’une compagnie de CRS permanente alors que la ville est aux prises avec une vague d’insécurité depuis plusieurs mois.
« Je vais écrire au ministre de l’Intérieur pour demander le retour d’une compagnie de CRS à demeure à Bordeaux, les autres grandes villes de France en ont une et Bordeaux en avait une à une époque », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.
M. Hurmic est décidé, dans la foulée de la sénatrice radicale de Gironde Nathalie Delattre, à faire du « lobbying national » pour obtenir ces quelque « 70 policiers » supplémentaires basés dans l’agglomération.
« Nous ne sommes pas là pour pallier les carences de la police nationale », a-t-il dit, ajoutant qu’il avait décidé d’étoffer les effectifs de la police municipale, afin de mettre plus de fonctionnaires en îlotage dans les rues. Il a annoncé la création d’une brigade canine et le renforcement de la brigade équestre.
« Espérons que notre décision de mettre plus de policiers dans les rues sera contagieuse dans la police nationale (…). Il faut qu’elle aussi soit plus présente dans les quartiers », a-t-il martelé. « C’était une stupidité de supprimer la police de proximité sous le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy ».
Bordeaux fait face depuis environ un an à une multiplication d’agressions, notamment à l’arme blanche, et d’incivilités, qui ont augmenté depuis le déconfinement. Certaines sont imputées à quelques dizaines de jeunes délinquants migrants qualifié de « mineurs non accompagnés » mais parfois majeurs, un phénomène qui s’est accru dernièrement. Ils seraient « entre 60 et 100 », selon l’équipe municipale.
Au premier semestre, 44% des actes de délinquance juvénile ont été commis par ces jeunes, livrés à eux-mêmes dans la rue, selon la préfecture.
Bousculé par l’opposition sur la sécurité, M. Hurmic, qui a mis fin en juin à une mainmise de 73 ans de la droite sur la capitale girondine, a répondu qu’il était « extravagant de dire que nous n’avons encore rien fait ».
Son adjoint à la sécurité, Amine Smihi, a pointé du doigt la majorité précédente: « on a découvert un service de police municipale exsangue ». « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas avoir une équipe (en îlotage) simultanément dans chacun des 8 quartiers de la ville », a-t-il déploré. « Il nous faudrait doubler nos effectifs en six ans »
