Mark Schmidt, le médecin qui dopait les athlètes « par amour du sport »

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Le docteur Mark Schmidt, cerveau du réseau de dopage sanguin démantelé en 2019 lors de l’opération « Aderlass », est passé aux aveux mardi lors de son procès à Munich, affirmant avoir agi « par fascination et amour pour le sport » et non par appât du gain.

Dans une déclaration lue par ses avocats au cinquième jour d’audience, le médecin, qui risque jusqu’à dix ans de prison ferme, a affirmé avoir dopé des athlètes depuis 2012, mais n’a dévoilé aucun nom de sportifs qui n’ont pas été déjà cités dans l’enquête.

La justice a déjà identifié 23 de ses clients, de huit nationalités différentes, essentiellement venus des disciplines de ski nordique et du cyclisme. Plusieurs sportifs et un entraîneur autrichiens ont déjà été condamnés à des peines de prison avec sursis par la justice de leur pays, certains ont également été sanctionnés par les autorités sportives.

selon l’acte d’accusation, Mark Schmidt a dopé des sportifs lors des Jeux olympiques d’hiver 2014 et 2018, d’été 2016, mais également sur le Tour de France 2018, le Giro 2016 et 2018 et la Vuelta 2017, sans parler des Mondiaux de ski nordique 2017 et 2019.

– « Je ne faisais pas de bénéfice » –

L’homme de 42 ans, en détention préventive depuis 16 mois, s’est décrit mardi comme un médecin « fasciné par le sport de haut niveau », et non par l’argent: « Au final je ne faisais pas de bénéfices, j’ai toujours vu ça comme un hobby », assure-t-il.

Il dit avoir demandé 5.000 euros par an à chacun de ses clients pour ses manipulations sanguines, et parfois touché des bonus lorsque les sportifs remportaient des courses ou des médailles. Mais selon lui, les frais du laboratoire clandestin, de déplacement et d’hôtel absorbaient quasiment tous les revenus.

L’accusé a également évoqué ses activités de médecin des équipes cyclistes allemandes Gerolsteiner et Milram, entre 2007 et 2010. Bien que les deux formations aient été dissoutes après des cas avérés de dopage, Mark Schmidt a formellement nié avoir été impliqué à l’époque dans des manipulations interdites.

« Pourquoi je me suis décidé (en 2012 selon lui) à pratiquer le dopage sanguin, je ne m’en rappelle plus », a-t-il fait lire par ses avocats, « la fascination et l’amour du sport ont été les moteurs de cette décision. Le dopage est à l’ordre du jour si l’on veut réussir ».

– « Il fallait y penser! » –

Après avoir pris connaissance de sa déposition, la présidente de la commission des Sports au Bundestag (chambre basse du parlement) Dagmar Freitag a réagi avec stupéfaction: « Pratiquer le dopage par fascination et amour pour le sport, il fallait y penser! », a-t-elle lancé.

« Dans ce milieu, agir pour des motifs altruistes serait une grande première. S’il aimait vraiment le sport, il aurait tout mis sur la table, donné les noms des personnes impliquées et exprimé des regrets pour avoir trahi les athlètes propres », a avancé la députée.

Né dans une famille de sportifs et lui-même élève de sport-études section ski alpin dans sa jeunesse, le Dr Schmidt comparaît avec quatre complices. Trois de ses co-accusés, dont son père, ont déjà déposé devant la cour, notamment pour expliquer leur rôle dans les opérations de transport et d’injection de sang aux sportifs sur le lieu des compétitions.

Les audiences sont prévues jusqu’en décembre et le verdict devrait être connu avant Noël.

L’affaire avait éclaté publiquement en février 2019, lorsque la police autrichienne a procédé à une spectaculaire descente sur le site des Championnats du monde de ski nordique à Seefeld, dans le Tyrol. Mark Schmidt a été interpellé le même jour par la police allemande à Erfurt (centre), dans le cadre de l’opération baptisée par les enquêteurs « Aderlass » (« saignée » en allemand).

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