heurts à Zanzibar, 3 tués, le chef de l’opposition locale arrêté

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L’opposition dans l’archipel tanzanien de Zanzibar a annoncé mardi l’arrestation de son chef et accusé la police d’avoir tué trois personnes par balles, lors de heurts à la veille des élections générales en Tanzanie.

Les forces de sécurité – et les membres de la Commission électorale – ont commencé à voter de manière anticipée mardi à Zanzibar, un jour avant les électeurs tanzaniens qui élisent mercredi leurs président et députés.

En outre, les électeurs de Zanzibar, doté de son propre exécutif et de son propre Parlement, élisent aussi mercredi le président et les députés de l’archipel semi-autonome.

L’opposition de Zanzibar affirme que ce jour de vote spécial est un stratagème pour frauder le scrutin, sur un archipel ayant une longue histoire de contestation électorale.

Les heurts sur l’île de Pemba – fief de l’opposition – ont explosé lundi soir quand l’armée a distribué des bulletins de vote (comportant l’ensemble des candidats, ndlr) dont les partisans de l’opposition affirment qu’ils étaient pré-cochés.

« Des informations vérifiées en provenance de Pemba (Zanzibar) indiquent que trois citoyens ont été tués par la police qui a employé des balles réelles », indique l’ACT-Wazalendo (Alliance pour le Changement et la Transparence – Patriotes) dans un communiqué.

Le parti donne les noms des trois tués, ainsi que ceux de neuf blessés.

Sur l’île principale, Zanzibar, la police a tiré mardi matin des grenades lacrymogènes et ouvert le feu à balles réelles à Garagara, fief de l’opposition, a constaté une journaliste de l’AFP.

Peu après, le candidat de l’ACT-Wazalendo, Seif Sharif Hamad, qui se présente pour la 6e fois à la présidence de Zanzibar, « a été arrêté » par la police devant un bureau de vote de Garagara, où il avait annoncé son intention de voter dès mardi, a annoncé son parti sur Twitter.

Interrogé par l’AFP, le chef de la police de Zanzibar Hassan Haji a refusé de commenter l’ensemble de ces informations.

– « Mourir pour Zanzibar » –

Dans son communiqué, l’ACT-Wazalendo a appelé « la communauté internationale et régionale à persuader les gouvernements de Tanzanie et de Zanzibar de permettre des élections libres et justes, sans violence et sans intimidation ».

L’armée et la police sont massivement déployées sur les deux îles de l’archipel, Zanzibar et Pemba.

Le Tanganyka, indépendant depuis 1961, et Zanzibar se sont unis à l’indépendance de l’archipel en 1964 pour former la Tanzanie.

Les tensions politiques, qui dégénèrent fréquemment en violences, sont traditionnellement plus marquées à Zanzibar que sur la partie continentale de la Tanzanie, pays souvent vu comme un havre de stabilité dans une région est-africaine troublée.

Le pays, comme les institutions de Zanzibar, est dirigé depuis cette date par le Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti unique jusqu’en 1992.

« Les colonisateurs nous ont assez oppressés, prenez cette élection au sérieux (…) nous sommes prêts à mourir pour Zanzibar », avait déclaré dimanche M. Hamad, lors de son ultime meeting de campagne.

M. Hamad a attribué à la fraude toutes ses défaites électorales depuis le retour du multipartisme et nombre d’observateurs étrangers lui donnent raison.

En 2016, toutes les élections à Zanzibar – dont la présidentielle locale qu’il affirmait avoir remportée – avaient été annulées pour « fraude » par la Commission électorale et M. Hamad avait refusé de participer au nouveau scrutin.

En janvier 2001, au moins 30 personnes avaient été tuées à Zanzibar dans des heurts entre la police et des partisans de l’opposition contestant les résultats des élections.

Twitter était hors service mardi à travers le pays.

Le président sortant John Magufuli, 60 ans, brigue mercredi un second mandat en Tanzanie, après un quinquennat sous le signe de la lutte contre la corruption, mais marqué par la répression de l’opposition et des restrictions aux libertés.

Face à lui, son principal adversaire sera Tundu Lissu, 52 ans, chef du principal parti d’opposition de Tanzanie, Chadema, rentré au pays après trois ans à l’étranger pour y soigner 16 blessures par balles consécutives à une tentative d’assassinat – selon lui à caractère politique – en 2017.

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