l’opposant Tundu Lissu rejette en bloc les élections de mercredi

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Le principal candidat de l’opposition à la présidentielle en Tanzanie, Tundu Lissu, a rejeté par avance jeudi les résultats des scrutins présidentiel et législatifs de la veille, dont les premiers chiffres donnent une large avance au président sortant John Magufuli et à son parti.

M. Magufuli, 61 ans ce jeudi, dont le parti CCM (Chama Cha Mapinduzi) est au pouvoir sans discontinuer depuis l’indépendance, brigue un second mandat, après un quinquennat marqué par une dérive autoritaire et une restriction des libertés individuelles.

Candidat du principal parti d’opposition Chadema, Tundu Lissu, qui a su revigorer une opposition largement étouffée ces dernières années, a qualifié ces scrutins d' »imposture totale ».

« Ce qui s’est passé hier n’était pas une élection », a déclaré jeudi M. Lissu en direct sur internet, évoquant par avance des résultats « illégitimes ».

« Nous n’acceptons et ne reconnaissons aucun résultat issu de ce processus », mené par un « gang qui a décidé de rester au pouvoir coûte que coûte » a-t-il accusé, estimant que « le changement démocratique n’est pas possible en Tanzanie ».

Dénonçant « une fraude électorale d’une ampleur sans précédent », cet avocat de 52 ans a appelé ses supporters à des manifestations « démocratiques et pacifiques » et au soutien de la communauté internationale.

L’ambassade américaine en Tanzanie a fait état jeudi soir dans un communiqué d' »assertions crédibles concernant d’importantes fraudes et intimidations », estimant que « ces irrégularités et les victoires par des écarts considérables sèment de sérieux de doutes sur la crédibilité des résultats annoncés » jeudi.

La Tanzanie n’autorise pas de contestation en justice du résultat de la présidentielle, procédure pourtant possible pour les législatives.

– 80% des voix pour Magufuli –

Plus de 29 millions d’électeurs en Tanzanie continentale et 556.000 sur l’archipel semi-autonome de Zanzibar, qui constituent ensemble la République unie de Tanzanie (environ 58 millions d’habitants), ont voté mercredi pour élire leur président et leurs députés.

La Commission électorale de Tanzanie, qui avait indiqué mercredi qu’aucun des cas de bourrage d’urnes dénoncés par l’opposition ne lui avait été soumis, a commencé à publier jeudi de premiers résultats.

Les premiers chiffres partiels de la présidentielle donnent John Magufuli en tête avec environ 85 % des voix dans les 32 circonscriptions (sur un total de 264) dont les résultats sont parvenus à la Commission.

Concernant le scrutin législatif, à 18H00 locales (15H00 GMT) le CCM l’emportait dans 128 des 129 circonscriptions dépouillées, dont certains fiefs de l’opposition.

Le président du Chadema et à ce titre chef de l’opposition au Parlement, Freeman Mbowe, a ainsi perdu son siège de la circonscription de Haï, dans la région du Kilimandjaro (Nord), qu’il occupait depuis 20 ans.

M. Mbowe avait dès mercredi dénoncé « la violence contre l’opposition » durant le scrutin.

Son homologue du parti d’opposition ACT-Wazalendo, Zitto Kabwe, a annoncé avoir lui aussi perdu son siège de député.

Le populaire chanteur Joseph Mbilinyi, membre du Chadema qui briguait un troisième mandat de député, est battu par Tulia Ackson Mwansasu, candidate du CCM.

– « Zombies » –

Sur l’archipel de Zanzibar, où les électeurs choisissaient en outre leurs propres président et députés, le candidat du CCM, Hussein Mwinyi a sans surprise largement remporté la présidentielle avec 76,27% des suffrages, a annoncé la Commission électorale locale (ZEC).

L’opposition perd là aussi plusieurs sièges au Parlement local, notamment dans certains de ses bastions, selon les premiers résultats.

Seif Sharif Hamad, battu par M. Minyi à la présidence de Zanzibar et leader de l’opposition locale, a été arrêté jeudi avec d’autres membres de son parti, l’ACT-Wazalendo, peu après avoir appelé, lors d’une conférence de presse, ses partisans à manifester.

Il avait déjà été brièvement arrêté mardi, journée pré-électorale au cours de laquelle dix personnes ont été tuées, selon lui.

« Nous disons au public: si nous n’obtenons pas nos droits à travers les urnes, alors nous n’avons pas d’autre choix que de réclamer nos droits dans la rue », a-t-il lancé lors de sa conférence de presse, rejetant tout recours aux armes.

L’archipel est le théâtre de violences post-électorales récurrentes et une forte présence de la police, de l’armée et de « zombies », miliciens du CCM habillés de noir, au visage couvert par un foulard, était visible jeudi à Stone Town.

Rares sont les médias internationaux à avoir obtenu une accréditation pour couvrir le scrutin en Tanzanie continentale et plusieurs messageries ou réseaux sociaux tels que WhatsApp et Twitter étaient inaccessibles mercredi et jeudi sur l’ensemble du territoire.

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