Les derniers compagnons de la Libération, deux centenaires

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Après la mort jeudi à 99 ans de Pierre Simonet, seuls deux compagnons de la Libération, centenaires, sont encore en vie. Retour sur le parcours hors du commun de ces résistants de la première heure.

Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin

Né le 10 août 1920, le jeune Bordelais, militant maurrassien et monarchiste, rallie la France Libre fin juin 1940 à Londres. « Je suis le fils de la guerre de 1914. Mon enfance, ce sont les monuments aux morts, les mutilés, etc. Alors, en 1940, quand la France a perdu la guerre qu’elle avait gagnée vingt ans plus tôt, ça a été pour moi insupportable », confiait-il il y a quelques années.

A l’été 1941, il est nommé au service « Action » du Bureau central de Renseignements et d’Action (BCRA), les services secrets des Forces françaises libres (FFL). Parachuté en France en 1942, il est embauché comme secrétaire par Jean Moulin à Lyon et reste au service de cette figure de la résistance jusqu’à l’arrestation de ce dernier en juin 1943. Pourchassé par la Gestapo, il retourne en Angleterre et continue de travailler pour le BCRA.

Marchand de tableaux d’art contemporain et galeriste réputé après la guerre, il a donné des centaines d’œuvres au Musée Georges-Pompidou. En 1983, il a publié une colossale biographie de Jean Moulin.

Hubert Germain, le légionnaire

Né le 6 août 1920, Hubert Germain, fils d’un général des troupes coloniales, passe le concours d’entrée de l’école navale à Bordeaux pendant la débâcle de l’été 1940. « Au bout de cinq minutes je me suis dit +Mais qu’est-ce que tu fais là ?+ » expliquait-il en 2018 à l’AFP. « Je me suis levé en disant à l’examinateur: +Je pars faire la guerre+ ».

Il embarque à Saint-Jean-de-Luz, à bord d’un navire transportant des soldats polonais à destination de l’Angleterre et arrive à Londres le 24 juin 1940. Il intègre la Légion étrangère et combat en Syrie, en Libye où il est engagé dans les combats de Bir Hakeim, en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Il est blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 44 en Italie.

A la Libération, il travaille dans une entreprise de produits chimiques, est élu maire de Saint-Chéron (Essonne) en 1953, puis député de Paris en 1962. Il sera ensuite ministre des PTT de 1972 à 1974, puis ministre chargé des relations avec le Parlement (mars-mai 1974).

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