Vendée Globe – Le journal de bord d’Armel Tripon: « C’est presque surréaliste »

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Une avant-course sous Covid « surréaliste », vécue « en catimini »: l’un des 33 skippers du Vendée Globe, Armel Tripon (45 ans), à la barre d’un bateau flambant neuf +volant+ (L’Occitane), livre à l’AFP le premier volet du carnet de bord de son premier tour du monde en solitaire, sans escale, qui débute dimanche.

« C’est juste incroyable de me dire que je vais partir pour le Vendée sur un bateau comme ça, mon premier Vendée. Je mesure ma chance. Cette excitation, il faut aussi essayer de la contenir. Rester calme et assez serein. Il y a cette dualité.

Habituellement, il y a beaucoup d’excitation et d’effervescence autour des pontons, ça on ne l’a plus du tout avec le Covid, finalement ça fait une bulle de calme qui est assez apaisante et propice à une préparation de course et un événement fort.

L’effervescence est partie quand le village s’est confiné, d’un seul coup il n’y avait plus personne. J’arrivais le soir au bateau, c’était vide, ça faisait une drôle d’impression. J’y allais quand il faisait nuit et qu’il n’y avait plus personne. J’avais plus l’impression d’être à une arrivée de course dans un pays à l’autre bout du monde qu’à un départ de Vendée Globe censé être une belle fête. C’était assez déstabilisant et presque surréaliste. Me dire que je prépare une course planétaire avec autant d’envergure et finalement presque en catimini.

Je pénétrais dans le bateau avec juste l’éclairage de la table à cartes. C’était des moments assez intenses. Me retrouver seul à bord, comme ça de nuit, je me voyais bien en course. Je me voyais en train de naviguer, d’organiser mon intérieur avec tous ces sacs, il y a plus de vingt sacs de 20 kg chacun, c’est assez colossal. Il faut que je m’organise ma vie intérieure dans ce bateau.

J’ai eu peu de moments où on était tous les deux, le bateau et moi, en fait. Ca va être mon compagnon de route et finalement on n’a pas fait beaucoup de route ensemble vraiment, lui et moi. C’est fort de se dire que je vais passer autant de tant juste en solo à bord.

Après je quittais le bateau, je laissais l’électronique allumée, je fermais la porte et je restais un peu sur le pont pour prolonger ce moment de complicité, je peux aussi mesurer le chemin parcouru. Le bateau est en bout de pontons, en train de tirer sur ces aussières. Ce n’est que le début d’une nouvelle aventure qui démarre. Le vivre dans ce silence, j’étais presque en mer, il n’y avait pas de bruit, il y avait des bateaux mais personne autour. Un côté un peu énigmatique.

Toutes les nuits, je rêve de la course. Je m’endors en pensant à des étapes, des moments. Et quand je me réveille vers 6h du matin, je repense à la course tout de suite, je me vois en train de manœuvrer, en tain de naviguer, de tenter une option. De jouer quoi.

Les journées passent très vite, à aucun moment je n’ai le temps de m’ennuyer, même les trois dernières semaines sont passées vite. Ca va s’accélérer, encore un ou deux briefs météo, deux, trois coups de fil et c’est parti. Dernier repas. Enfin, dernier bon repas !

Je suis assez fan de pouvoir préparer mes courses au calme, m’isoler, je veux partir dans de bonnes conditions. Quand tu veux être serein et ne pas perdre d’énergie, finalement, de fait, tu te mets en confinement. Là c’est un peu plus exacerbé et plus fort, parce que quand tu vas au bateau il n’y a pas de foule, il n’y a plus rien. Mais ça n’a pas trop modifié ma manière de fonctionner.

Je pars faire une course autour du monde, c’est un gros projet, c’est magnifique, il y a plein de monde derrière un gros sponsor mais il faut garder de la légèreté. »

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