Petit coup de chaud vendredi soir au Sénat sur la question récurrente de la répartition territoriale des jeunes médecins: « combien coûte un sénateur pour reprocher à un étudiant ce qu’il coûte à la Nation ? », a lancé le sénateur LR Alain Milon à un de ses collègues.
Lors de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale, Jean-Luc Fichet, sénateur PS du Finistère, a défendu un amendement en faveur d’un « conventionnement territorialisé ». C’est-à-dire une régulation des conventionnements des nouveaux médecins à l’Assurance maladie pour les inciter à s’installer dans des zones de déserts médicaux.
Les débats se sont quelque peu enflammés entre partisans et opposants aux mesures coercitives.
« La contrainte n’est pas la solution », a affirmé la ministre Brigitte Bourguignon dans un brouhaha ambiant. « On n’est plus dans la même médecine qu’autrefois, je n’y peux rien, c’est culturel », a-t-elle ajouté.
« Le conventionnement territorialisé, c’est pas grand-chose, quand on sait que la formation d’un médecin, c’est 150.000 euros que ça coûte à l’Etat », a argumenté M. Fichet.
« Je trouve scandaleux que vous puissiez reprocher à un étudiant en médecine qu’il coûte à l’Etat 150.000 euros », a réagi l’ancien président de la commission des Affaires sociales Alain Milon.
« Vous ne savez pas en plus combien d’économies l’étudiant en médecine permet à l’hôpital de faire », a-t-il poursuivi, avant de lâcher : « Combien coûte un sénateur pour reprocher à un étudiant ce qu’il coûte à la Nation ? ».
Catherine Deroche (LR), qui lui a succédé début octobre à la tête de la commission, a renchéri: « Ce ne sont pas des glandeurs, ils travaillent pendant toutes les années de leurs études ». Elle a elle aussi jugé « totalement scandaleux » qu’on leur reproche « l’argent qu’ils coûtent à la collectivité », après « la période qu’on vient de vivre » et leur implication dans la crise sanitaire.
L’amendement de M. Fichet et d’autres allant dans le même sens ont été rejetés.
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