Avec le covid-19, les Brésiliens votent à des municipales atypiques

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Les Brésiliens ont commencé à participer dimanche à des municipales atypiques en raison de la pandémie de coronavirus qui pourrait limiter la participation.

Ce scrutin devrait confirmer le net virage à droite entamé avec l’élection il y a deux ans du président Jair Bolsonaro et renforcer les partis traditionnels.

A Sao Paulo, aucune file d’attente n’était visible devant les bureaux de vote qui ont ouvert dès 7H00 locales (10H GMT) et alloué une tranche horaire prioritaire aux personnes âgées, plus à risque de contamination.

La pandémie de covid-19, qui a déjà fait plus de 165.000 morts et menace le Brésil d’une deuxième vague, avait obligé les autorités à repousser le vote prévu en octobre.

De strictes mesures sanitaires ont été prises pour cette élection à laquelle sont appelés à participer 148 millions de Brésiliens, porteurs de masques sans exception et encouragés à apporter leur propre stylo.

« Il y a peu de monde dans le bureau de vote », a déclaré à l’AFP Mauricio Pereira après avoir déposé son bulletin, c’est « sûrement à cause de la pandémie, la campagne a été très différente ».

La campagne pour l’élection de 5.569 maires et de leurs conseillers municipaux s’est essentiellement déroulée sur les réseaux sociaux, et très peu sur le terrain.

Ces municipales, dont le résultat du 1er tour est attendu dimanche vers 22H00 locales (lundi 01H00 GMT) constituent le premier test électoral à mi-mandat de Jair Bolsonaro.

« C’est une élection historique et je pense que le PT va en ressortir très renforcé (…) et que nous allons remporter beaucoup de villes », a déclaré l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, cofondateur du Parti des Travailleurs (gauche), après avoir voté à Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo.

– Progression de la droite –

Jair Bolsonaro avait annoncé qu’il ne s’impliquerait pas dans une campagne essentiellement locale. Pourtant, il a multiplié au cours de la semaine écoulée les directs sur Facebook pour soutenir ses candidats afin d' »éradiquer le communisme ».

Un soutien du président d’extrême droite qualifié de « baiser de la mort » par des éditorialistes tant ses poulains sont en mauvaise posture.

Ainsi, l’ancien pasteur néo-pentecôtiste Marcelo Crivella, maire sortant de Rio de Janeiro, est largement devancé par son prédécesseur Eduardo Paes (2009-2016) et n’est pas assuré de se qualifier pour le second tour du 29 novembre.

Même constat pour le présentateur de télévision Celso Russomanno à Sao Paulo, la plus grande ville du pays, où le maire de centre droit Bruno Covas devrait être réélu haut la main.

« J’aime sa gestion, je pense qu’il mérite de continuer », a déclaré à l’AFP Rogerio Rosenthal, après avoir déposé son bulletin dans l’urne électronique.

M. Bolsonaro jouissant toujours du soutien de 40% des Brésiliens, les analystes tablent tout de même sur une nouvelle vague conservatrice, avec l’élection de candidats au discours sécuritaire, dont de nombreux ex-militaires, et un renforcement des partis traditionnels de droite: MDB, PSD, PP et DEM.

« On devrait assister à une consolidation de ce qu’on a vu en 2018, avec une progression des partis de droite ou de centre droit », déclare à l’AFP Oswaldo Amaral, politologue de l’Université de Campinas.

Il sera toutefois difficile de tirer des enseignements nationaux de ce scrutin pour le président qui n’est plus affilié à un parti depuis qu’il a quitté l’an dernier le PSL — sa neuvième formation en 30 ans de carrière politique.

« Bolsonaro est le premier président sans parti au moment des municipales depuis le retour du Brésil à la démocratie (en 1985), donc ce sera compliqué de faire les comptes pour savoir si c’est une victoire ou une défaite » pour son camp, estime Felipe Nunes, politologue de l’Université Fédérale de Minas Gerais (UFMG).

– Des gains à gauche –

La gauche, tout en restant très divisée, pourrait enregistrer des gains non négligeables.

Le PT de Lula avait subi la pire défaite de son histoire en 2016 avec la perte de plus de 60% des municipalités conquises au précédent scrutin.

Manuela D’Avila, du Parti Communiste du Brésil (PC do B) est bien placée pour enlever la ville de Porto Alegre.

La gauche est également en posture favorable à Recife, Fortalezza ou Belem, selon les sondages.

Elle pourrait aussi avoir des chances d’arriver au second tour à Sao Paulo, avec Guilherme Boulos, du Parti Socialisme et Liberté (PSOL).

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