Larcher pour une reprise des messes, la classe politique divisée

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Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) s’est prononcé dimanche pour une reprise des messes, dans le respect des « conditions sanitaires », une mesure qui divise la classe politique au-delà des clivages.

« On est là sur une liberté fondamentale et le gouvernement doit y être attentif », a déclaré M. Larcher, invité de RTL-Le Figaro-LCI, appelant « au dialogue qui doit commencer demain entre les cultes et l’exécutif ».

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin doit recevoir lundi les représentants des principaux cultes afin d’évoquer « les conditions dans lesquelles pourraient se tenir à nouveau des cérémonies dans les lieux de culte en fonction de l’évolution de la situation sanitaire », face à la deuxième vague du coronavirus.

Les messes doivent-elles reprendre? « A la condition que les conditions sanitaires soient respectées » dans les églises, plaide M. Larcher.

Le Conseil d’Etat a maintenu il y a une semaine l’interdiction des cérémonies religieuses avec un large public, telles que la messe dominicale. Le président du Sénat « souhaite que cette position soit revue » car « nous arrivons en effet dans un temps important notamment pour la communauté chrétienne », l’Avent.

Quant à la mise en garde de M. Darmanin, qui n’hésitera pas à « envoyer les policiers et gendarmes verbaliser », en cas « d’acte répété » et « manifestement contraire aux lois de la République », les catholiques qui manifesteraient pour la réouverture des messes, l’élu des Yvelines a jugé que ce n’est pas la bonne « réponse » à des fidèles « qui expriment leur attente ».

A l’inverse, le député LR Eric Woerth a pour sa part dit « comprendre » l’interdiction des messes, celles-ci constituant des « rassemblements ».

En revanche, « ce serait incompréhensible que les églises ne soient pas ouvertes à Noël », a-t-il mis en garde dans Questions politiques (France inter/Le Monde/France télévisions).

Depuis le reconfinement, les lieux de culte peuvent rester ouverts mais les cérémonies avec public sont interdites, à l’exception des cérémonies funéraires dans la limite de 30 personnes.

« Il faut rappeler les règles et il faut laisser les familles fêter dignement et normalement Noël », a encore insisté le président de la commission des Finances de l’Assemblée.

Interrogé sur BFMTV, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a elle aussi plaidé pour le retour des messes, les lieux de culte étant « en général assez vastes pour permettre le respect des distances ».

« Il me paraît que l’exercice du culte est pour un grand nombre de nos compatriotes un soutien important dans un moment de vives tensions, de grandes angoisses », a-t-elle fait valoir.

A l’opposé, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou a, sur France 3, défendu l’interdiction.

« Je comprends le désarroi des catholiques car Noël approche (…) et en plus les catholiques ont été durement touchés par les attentats de la Toussaint », a-t-il souligné.

« Mais je m’en tiens à un principe de responsabilité. C’est dur mais on doit tenir ensemble », a appuyé M. Bayou.

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