« Trop d’athlètes sont dans une insécurité permanente », selon le DTN Patrice Gergès

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« Trop d’athlètes sont dans une insécurité permanente », s’inquiète le Directeur technique national de l’athlétisme français Patrice Gergès, interrogé par l’AFP au sujet du désengagement de certains équipementiers à huit mois des Jeux Olympiques de Tokyo.

Q: Sentez-vous l’inquiétude grandir chez les athlètes face à la menace de baisse des aides de certains équipementiers?

R: « J’ai senti de l’inquiétude dès le mois de juin, parce qu’il y avait déjà à l’époque des échos quant à d’éventuels désengagements de la part de certains équipementiers. Les athlètes concernés étaient très nombreux. Des athlètes m’ont parlé de modification de contrat ou de baisse substantielle, 50% ou 30% pour certains. Cela concerne des athlètes de l’équipe de France, jusqu’aux médaillés mondiaux. Je dirais que plus de la moitié des athlètes sont impactés par les baisses de revenus. »

Q: Quelles sont les mesures prises par la Fédération française d’athlétisme (FFA)?

R: « On a essayé d’anticiper les soucis financiers dès l’été. On a été plus agressifs dans la recherche d’entreprises pour embaucher et dans la consolidation des revenus. Par exemple, la sprinteuse Orlann Ombissa-Dzangue (triple vice-championne de France 2017, 2018, 2019, NDLR) est fortement impactée, elle était dans une situation sociale difficile. On a travaillé avec l’Agence nationale du sport (ANS) et elle a intégré la SNCF comme agent SNCF dans le cadre des emplois réservés aux sportifs de haut niveau. Je viens de faire une proposition pour envisager une évolution de ce qu’est l’athlétisme professionnel, pour amener un peu plus de sécurisation. Par ailleurs, les aides personnalisées, qui aidaient à financer des actions individuelles, par exemple des stages, ont été orientées vers le soutien social pour éviter que des situations catastrophiques ne s’installent. Le président de la FFA André Giraud a décidé de dégager un budget pour l’aide sociale des athlètes, qui a pratiquement doublé par rapport aux autres années avec plus de 50.000 euros de réserves, pour permettre à ceux qui sont en difficulté sociale de s’en sortir. Des aides ont été données et des prêts engagés. Il ne fallait pas lâcher nos athlètes. »

Q: Ne craignez-vous pas que cette situation n’aggrave la précarisation des athlètes de haut niveau?

R: « Pour les meilleurs, même s’il y a un impact, ce ne sera pas difficile à absorber. Le plus problématique, c’est pour les athlètes qui ont un excellent niveau, qui ambitionnent d’être aux Jeux olympiques et qui n’ont même pas de contrat, qui doivent s’acheter leurs chaussures, tout. Très souvent, ce sont ceux qui n’ont pas de revenus et ils doivent consacrer l’essentiel de leur rémunération acquise grâce aux clubs ou aux collectivités pour investir dans leur matériel pour pouvoir pratiquer. Par exemple, le décathlonien Basile Rolnin, qui peut être dans le Top 8 aux JO, doit acheter toutes ses chaussures. La crise a mis un coup de projecteur sur ceux qui étaient en difficulté. On a trop de +smicards+, ils sont trop nombreux à être dans une insécurité permanente. »

Propos recueillis par Keyvan NARAGHI

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