prison avec sursis requise pour « une bérézina » sur « fond de testostérone »

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Une « bérézina » sur fond de « testostérone mal maîtrisée »: jusqu’à deux ans de prison avec sursis ont été requis jeudi contre six militaires pour l’homicide involontaire d’un élève officier, noyé en 2012 lors d’un « bahutage » à l’école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan).

« Quelle histoire! », s’est exclamé le procureur de Rennes Philippe Astruc, en débutant son réquisitoire. Pendant plus d’une heure et demie, le magistrat a semblé chercher la bonne formule pour résumer ce « procès exceptionnel ».

« Quelque chose de l’ordre de la tragédie grecque ou shakespearienne », a-t-il avancé, avant de pencher pour la « bérézina », une « folie » puis pour une « transgression » sur « fond de testostérone mal maîtrisée ».

« Cette semaine a apporté un regard blafard sur l’école militaire de Saint-Cyr », a-t-il souligné, même s’il « serait injuste » de réduire cette prestigieuse école à la mort du sous-lieutenant Jallal Hami, 24 ans, dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012.

Jeune étudiant brillant, très sportif, Jallal Hami s’était noyé durant une activité sur le thème du débarquement des Alliés en Provence, durant laquelle les nouveaux incorporés devaient traverser un étang à la nage, de nuit, sur une distance de 43 mètres, avec casques et rangers, dans une eau à 9°C. Se jetant à l’eau tous en même temps, au son de la Walkyrie de Wagner, de nombreux élèves s’étaient retrouvés en difficulté, buvant la tasse, s’agrippant les uns aux autres dans un embouteillage de nageurs.

– « Nuit tragique » –

A la lumière des débats, « le bilan de cette nuit tragique aurait pu être d’une toute autre ampleur », a noté le magistrat. Car, en l’absence de « contrôle effectif », « la transmission des traditions », un « objet pédagogique non identifié, en tout cas non maîtrisé », « devait tôt ou tard entraîner la mort d’un élève », selon lui.

Ce défaut d’encadrement a conduit M. Astruc à requérir deux ans de prison avec sursis à l’encontre de l’ancien commandant de bataillon Hervé Wallerand, 49 ans, chargé des élèves de 2e année à l’époque des faits. Ce dernier, aujourd’hui cadre dans un groupe financier, aurait dû exiger « la note de sécurité » censée « prévenir et encadrer » les « débordements dangereux » occasionnés par ces activités de bizutage qui ne disent pas leur nom.

« Les cadres ne pouvaient ignorer les risques mortels encourus par les élèves », a affirmé M. Astruc, qui a toutefois précisé que le général Francis Chanson, 58 ans, alors en charge de la formation, n’avait selon lui pas commis de « faute caractérisée », requise par la loi pour engager sa responsabilité pénale. Il a donc requis la relaxe pour le militaire, également poursuivi.

Quant aux élèves, « ils se sont engouffrés par immaturité, par irresponsabilité, par exaltation, dans les brèches qu’on leur a laissées, ce qui n’enlève rien à leur responsabilité pénale », a pointé le procureur.

A leur encontre, il a retenu l’organisation d’une nage commando de nuit « prohibée » par la réglementation militaire, l’absence de reconnaissance préalable sérieuse de la température et de la profondeur de l’étang ou le délai d’une heure avant de prévenir les secours.

Il a ainsi requis des peines allant de trois mois avec sursis à 18 mois avec sursis à l’encontre de cinq élèves officiers, aujourd’hui âgés de 28 à 31 ans.

Les prévenus encourent une peine maximale de trois ans de prison et 45.000 euros d’amende. Les avocats de la défense doivent plaider jeudi après-midi et vendredi matin. Le jugement sera mis en délibéré.

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