A la FFF, « vieilles histoires », élection et tensions persistantes

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Enfermées plusieurs mois au vestiaire, les « vieilles histoires » et tensions à la Fédération française de football ont ressurgi à l’approche des élections de mars 2021, faisant craindre à certains protagonistes une campagne « dure et très sale ».

La mèche a été allumée le 14 octobre avec un article du New York Times relatant des accusations d’agression sexuelle d’une salariée par un responsable de la FFF, révélées par Mediapart en 2019, qui avaient fait l’objet d’une enquête judiciaire classée sans suite.

Le quotidien américain y évoquait en outre des relations de travail « toxiques » au sein de l’encadrement, sur fond de conflit entre des directeurs de départements et la directrice générale Florence Hardouin.

Le président Noël Le Graët, initiateur d’un audit interne sur les « dysfonctionnements », réclame alors aux belligérants de respecter un pacte de non-agression au moins jusqu’aux élections à la présidence en mars 2021, selon des salariés. Mais un nouveau récit sur la « guerre des clans », le 11 novembre dans L’Equipe, met le feu aux poudres.

Chaque camp suspecte l’autre d’avoir brisé l’armistice, cherche à identifier les taupes, selon un acteur impliqué dans le conflit. Les anti-Hardouin sont persuadés que l’article enjolive le bilan de la DG. Ce grand déballage abîme en tout cas la réputation de la Fédération ainsi que celle de son chef, qui entretient le flou sur une possible nouvelle candidature, à 78 ans.

– « Règlements de compte » –

« Ce sont des règlements de compte, mais lui en prend beaucoup » avec l’image donnée d’un « vieux » dirigeant « qui ne sert plus à rien », quelques mois après des articles louant à l’inverse son rôle de « véritable patron et sage » durant la crise printanière du nouveau coronavirus, soupire un de ses proches.

Pour un membre du Comex, il s’agit même d’une « campagne de déstabilisation » orchestrée de l’extérieur à l’aide de « vieilles histoires ». Cela ressemble à « un coup bas contre la Fédé et Le Graët dans une campagne électorale » qui s’annonce « très dure et très sale », lâche-t-il à l’AFP.

Sans crier au complot, l’ancienne présidente de la Ligue de football professionnel Nathalie Boy de la Tour rappelle également que « dans les années d’élection, tout ce qui peut déstabiliser le pouvoir en place peut être utilisé ». Quant à Hardouin, « elle est loyale et fiable, ce n’est pas du tout quelqu’un de tordu », assure à l’AFP l’ex-dirigeante (2016-2020).

Un habitué du siège situé boulevard de Grenelle vole à son secours: « C’est une escrimeuse, la capacité d’aller au combat elle l’a, elle ne se laisse pas faire. »

Dans le camp d’en face, on a plutôt « l’impression de faire face à quelqu’un qui ne peut envisager la vie que comme un rapport de force ». La DG « a la gâchette facile » et peut changer d’avis du jour au lendemain sur ses collègues, décrit un opposant. « C’est tantôt: +Formidable, exceptionnel et quasiment infaillible+. Et le lendemain: +Déloyal, comploteur et intriguant+ ».

– Mea culpa et abcès crevé –

Pour Boy de la Tour, Hardouin paye le fait d’être « une femme dans un monde d’hommes ». Dans ce milieu, « les codes sont extrêmement masculins avec beaucoup d’ego et de testostérone », dit-elle.

Devant cette description, un opposant s’étouffe. « Cela n’a rien à voir avec une question de genre, c’est plutôt: +Tu es avec moi ou contre moi+ », résume-t-il, relevant les relations difficiles entretenues par Hardouin avec certaines directrices.

L’intéressée refuse d’aller sur ce terrain-là. L’histoire « ce n’est pas Florence Hardouin contre les directeurs », ni une femme contre une armée d’hommes. « S’ils me disent des trucs, c’est peut-être mon passé d’escrimeuse, je vais faire une petite contre-attaque, une riposte, et là ils s’arrêtent », rigole-t-elle auprès de l’AFP.

La « chef d’orchestre » de la FFF, comme elle se surnomme, va souvent plus vite que la musique et son attitude a brusqué des directeurs qui s’estiment dépossédés d’une partie de leurs prérogatives. Avoir « beaucoup d’exigences (…) peut se traduire peut-être par trop d’autorité », admet-elle.

« Elle est un peu cassante » et « peut-être n’est-elle pas assez hypocrite », croit savoir le membre du Comex interrogé par l’AFP. « Mais il n’y a pas péril en la demeure, je crois que tout ça est derrière nous », espère-t-il.

En attendant, une directrice va quitter la fédération le 1er décembre et deux directeurs sont en arrêt-maladie, ce qui porte à cinq le nombre d’arrêts au sein de l’équipe de direction en un mois et demi, selon une source interne.

Hardouin veut cependant croire que la crise est passée. L’ambiance a pu ressembler à « une cour de récré » mais en comité de direction lundi puis en comex mercredi « on a crevé l’abcès, on s’est dit les choses », affirme-t-elle.

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