monument en péril, le Stade Toulousain attend désespérément du public

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Le Stade Toulousain, dont l’équilibre financier repose en grande partie sur les partenariats locaux et les recettes de match, est un peu plus en péril à chaque nouveau huis clos, et milite activement pour un retour des spectateurs dès le 15 décembre.

Si la ministre des Sports Roxana Maracineanu a fait le déplacement à Toulouse jeudi, et d’abord au stade Ernest-Wallon, pour évoquer l’aide publique au sport professionnel frappé de plein fouet par la crise sanitaire, ce n’est pas un hasard. Car les difficultés financières du club de rugby le plus titré de France –20 Boucliers de Brennus, 4 Coupes d’Europe–, et pourvoyeur majeur du XV de France –Ntamack, Dupont, Marchand, etc.– inquiètent jusqu’au gouvernement.

De mastodonte du Top 14 –un budget d’au moins 30 millions d’euros–, à colosse aux pieds d’argile, la pandémie de coronavirus a fait souffrir le Stade Toulousain, parce que sa masse salariale représente plus de la moitié (57%) de son budget et que son modèle économique repose « à 75% sur son public et ses partenaires », selon le président Didier Lacroix.

Or, depuis le début de la saison, le dernier champion de France (2019) n’a pu recevoir que deux fois avec une jauge à 5.000 spectateurs –La Rochelle, puis l’Ulster en Coupe d’Europe– avant de devoir passer à 1.000 –Toulon et Lyon– puis au huis clos –Castres et Agen–.

– Un million perdu par match –

Seuls les revenus télévisuels (20% du chiffre d’affaires) n’ont pas souffert. Mais les postes billetterie et buvette (15%), boutique (10%), brasserie (3%), locations et réceptions (2%) ont été réduits à néant, tandis que les plus grandes craintes entourent celui des partenariats (47%) dans un contexte de crise économique qui affecte particulièrement Airbus et Peugeot, deux partenaires majeurs.

Chaque match à huis clos « représente à peu près 1,7 million » d’euros de pertes, « quand on prend le décompte de la quotepart du partenariat annuel qui est déjà vendue, la quotepart des abonnements et les recettes qu’on aurait fait ce jour-là », explique Lacroix.

Dans le détail, toujours selon le club, ce sont 1,3 million de billetterie, revenus d’hospitalité et buvette, plus 400.000 euros de partenariats et sponsoring qui partent en fumée à chaque match.

Durant l’intersaison, la direction et l’effectif s’étaient accordés sur une baisse de 15% maximum du salaire des joueurs, mais ce compromis était conditionné par « une reprise normale des compétitions en septembre ». Pour faire face à la deuxième vague, Mme Maracineanu a bien confirmé un fonds de compensation des pertes de billetterie de 110 millions tous sports confondus –aide plafonnée à 5 M€ par club– et « l’exonération des cotisations patronales et salariales » pour le dernier trimestre 2020, qui va permettre selon elle « d’alléger le coût de la masse salariale des clubs d’à peu près 40% ».

– Trois matches capitaux –

Mais ce que lui a demandé avec insistance Didier Lacroix, c’est le desserrement rapide de l’étau sanitaire. Trois matches de gala à domicile se profilent en effet pour l’équipe d’Ugo Mola autour des fêtes de fin d’année: les réceptions du champion d’Europe Exeter (20 décembre), de Bordeaux-Bègles (27 décembre), affiche d’habitude délocalisée au Stadium, et du Stade Français (9 janvier) pour démarrer 2021.

« Redémarrer une Coupe d’Europe sans public pour jouer le champion d’Europe, jouer Bordeaux pendant le Boxing Day alors que les quatre dernières éditions, on fait Stadium comble (33.000 places), c’est une économie (perte, NDLR) qui pèse très fort », souligne Lacroix qui espère pouvoir remplir « un siège sur deux, un siège sur trois le plus rapidement possible ».

Le dirigeant toulousain ne comprend pas que les théâtres, musées et cinémas puissent rouvrir le 15 décembre alors que les stades en extérieur n’ont toujours pas reçu le feu vert. Message entendu par Roxana Maracineanu qui a promis de « porter le message » à l’Elysée et Matignon, où se joue aussi l’avenir du Stade Toulousain.

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