les humoristes en manque de vannes mais pas de projets

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« Le deuxième confinement, c’est un peu comme ressortir avec son ex, c’est du déjà-vu »: la crise sanitaire ne fait plus rire les humoristes comme Melissa dont les sketches avec son conjoint Fred ont cartonné au printemps.

Mais paradoxalement, cette année très dure pour les artistes a mis un coup de projecteur sur des comiques peu connus du grand public, grâce aux réseaux sociaux.

« Par rapport au premier confinement, on est beaucoup moins amusé par la situation, moins inspiré », affirme à l’AFP Melissa Billard.

« On était beaucoup plus isolés les uns des autres, et la frustration a amené pas mal d’imagination », ajoute cette comédienne toulousaine de 38 ans qui a écrit ses sketches avec son mari Fred Menuet, 40 ans.

– 30 millions de vues –

Avec un confinement XXL (y compris avec sa soeur, son beau-frère et leurs enfants), ils ont parodié leur quotidien: « ApéroFaceTime », série Netflix regardée secrètement en plein télétravail ou encore « le plaisir de claquer la porte » quand on est enfermé chez soi. « Plus le temps de m’épiler, j’ai la même moustache que celle de José Bové », entend-on dans une chanson.

« Le défi est de se dire +réinventons-nous+ mais on a quand même envie de recréer de l’imaginaire (…) et pas de faire les mêmes blagues tout le temps », souligne Melissa.

Si le printemps a été prolifique, « Melissa et Fred » n’ont diffusé que deux vidéos depuis fin octobre, dont une à l’occasion d’Halloween (« On pourrait se regarder un truc qui fait peur… Annabelle sur la 11 et Chucky sur la 12… sinon y a Véran sur BFM »), avec des blagues sur ce reconfinement « autant respecté que le clignotant à Toulouse ».

Un carton: 30 millions de vues tous réseaux sociaux confondus.

« Lors de +l’entre-deux confinements+, quand on a repris notre activité théâtrale, les gens venaient car ils avaient vu les vidéos et nous remerciaient pour leur avoir donné une bouffée d’air frais », se réjouit Melissa. Le duo a également été sollicité pour collaborer sur des projets de séries, encore en gestation.

Lison Daniel a connu le même « coup de pouce »: cette humoriste de 28 ans est devenue un phénomène sur Instagram (les.caracteres, plus de 230.000 followers). Elle s’est mise dans la peau de divers personnages grâce à des filtres qui déforment son visage et avec une imitation bluffante de leur intonation: une millenial désabusée, un Marseillais fatigué de voir des Parisiens, un caviste bio volubile ou encore un professeur pédant qui « télé-prépare » son élève au concours du Conservatoire.

« J’ai déjà fait vivre au premier confinement tous les personnages face à leur confinement; là, ça n’intéresse plus personne, ce n’est même plus drôle », affirme la scénariste passée par plusieurs écoles de théâtre.

Mais cette année sombre a été une bénédiction pour elle: « mon travail a été reconnu et j’ai commencé à travailler comme scénariste avec Fanny Herrero (« Dix pour cent ») pour sa prochaine série sur Netflix sur le stand-up ».

– Moins d’effet surprise? –

Le couple Marion Creusvaux et Julien Pestel (compte Instagram « Creustel », près de 350.000 followers) s’amusent eux depuis mars à faire des détournements hilarants à la sauce Covid de scènes cultes de films et de séries.

« Il y a certes moins l’effet surprise qu’au premier confinement », affirme Marion, qui a beaucoup travaillé à la télévision (notamment pour le « Palmashow ») et qui ne fait pas que de l’humour (elle a écrit avec son mari un court-métrage sur les violences conjugales, « Derrière la porte »).

Ils ont détourné pas moins de 60 scènes: dans « Grease », Sandy affirme « je me suis biturée en Zoom avec mon ex »; dans « Star Wars », C-3PO, le droïde de protocole, interrompt la célèbre scène de baiser entre Han Solo et la princesse Leia: « je trouve que vos gestes barrières laissent un peu à désirer »; Alf, l’extraterrestre de la sitcom culte, est arrêté pour non respect du port du masque. « Vous avez vu mon nez? » rétorque-t-il à la policière.

« On s’est dit que les gens avaient moins envie de rire parce que c’est usant d’être reconfiné, mais ils étaient au rendez-vous », dit Marion.

« Bon, on va espérer qu’il n’y aura pas de troisième confinement quand même », plaisante-t-elle.

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