une occasion de « tester le réservoir » plutôt qu’une « farce »

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on whatsapp
WhatsApp

L’occasion de « découvrir des jeunes talentueux », le tout « sans pression »: le duel entre l’Angleterre et un XV de France « bis » dimanche, n’a rien de la « farce » évoquée par la presse anglaise et présente des intérêts pour quatre ex-sélectionneurs français, interrogés par l’AFP.

Philippe Saint-André, ancien entraîneur de deux clubs anglais, Gloucester et Sale, le concède: « De ce côté de la Manche, ils ne peuvent pas comprendre pourquoi la finale de la Coupe d’automne des nations ne se joue pas avec la meilleure équipe ».

Mais la règle imposée aux Français –trois feuilles de match par joueur au maximum sur cette série de rencontres– était connue « avant les tests d’automne », rappelle l’ancien sélectionneur (2011-2015).

La Coupe d’automne des nations, « créée de toutes pièces » pour renflouer les caisses, « est venue se superposer au championnat », avec « six matches internationaux au lieu de trois » en temps normal, note Jacques Brunel, qui a dirigé la France lors de la Coupe du monde 2019.

En Angleterre, la saison 2020/21 de Premiership n’avait pas encore commencé au début de la fenêtre internationale fin octobre, « ce qui fait que leurs internationaux ne louperont que trois matches de championnat », souligne Saint-André.

Dans l’Hexagone, l’accord trouvé après de longues discussions entre les clubs et la Ligue d’un côté et la fédération de l’autre « illustre des soucis dans le rugby français », commente Marc Lièvremont.

« Mais des soucis, il y en a un certain nombre aujourd’hui et cela dépasse largement le rugby. C’est aussi une conséquence de la crise sanitaire d’avoir une équipe de France qui va jouer sans ses cadres », poursuit celui qui a guidé la France vers sa troisième finale de Coupe du monde en 2011.

« Ce n’est peut-être pas la meilleure équipe mais c’est une opportunité pour le staff de découvrir d’autres jeunes joueurs qui sont talentueux » et par la même occasion « de préparer la Coupe du monde », organisée à domicile en 2023, ajoute l’ancien troisième ligne (23 sélections).

– « Sparring-partner de qualité » –

La différence d’expérience entre les deux équipes se lit dans les chiffres: le XV de la Rose, vice-champion du monde et lauréat du dernier Tournoi, compte 772 sélections quand les titulaires bleus en totalisent 68.

Les Anglais risquent-ils de prendre les Français de haut ? « Ils sont pragmatiques en général. S’ils peuvent vous mettre 60 points, ils les mettent », tranche Brunel. Le challenge n’en reste pas moins « formidable » selon lui.

« Puisque les Anglais disent que c’est une mascarade, je suppose que l’équipe de France aura à coeur de prouver qu’elle est un sparring-partner de qualité. En même temps, il sera intéressant de voir comment se comportent ces jeunes. Ils feront certainement partie de l’aventure dans les années à venir », argumente Brunel, qui a aussi dirigé l’Italie (2011-2016).

– Un « avantage » pour les Français –

Avec ce « crunch » à Twickenham, « on aura une vision plus fine du potentiel de ces joueurs qui ont montré des choses intéressantes mais face à une équipe d’Italie faible (36-5) », abonde Pierre Berbizier, patron des Bleus de 1991 à 1995.

Pour l’ex-demi de mêlée (56 sél.), le contexte « tourne à l’avantage des Français » qui pourront jouer « sans pression ». « Les Anglais sont obligés de mettre 30 points (d’écart), sinon on dira qu’ils n’ont pas été bons. Si, au contraire, les Français les accrochent, on pourra dire que l’équipe de France a une belle profondeur de banc », explique-t-il.

Mais comparée à la balade italienne, le séjour à Londres ressemble à une ascension de l’Everest. « Ils vont jouer pratiquement ce qui se fait de mieux au monde », souligne Saint-André, qui y voit une opportunité de « tester le réservoir » tricolore.

Et Lièvremont de rappeler que le XV de la Rose avait subi une cuisante défaite en Australie (76-0) en 1998 avec un tout jeune Jonny Wilkinson. Cinq ans plus tard, il était sacré champion du monde en battant l’Australie en finale.

Comments

0 comments

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

Cinéma

Technologie

Les plus lus