Le souverainisme titille la droite

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L’idée souverainiste titille la droite, où certains caressent le rêve de rapprocher les « républicains des deux rives » dans un arc unissant Xavier Bertrand à Arnaud Montebourg, malgré des différences idéologiques que beaucoup jugent irréductibles.

Le numéro 2 de LR Guillaume Peltier a relevé début janvier « des points communs » avec Arnaud Montebourg, sur « la souveraineté face à la mondialisation », « les relocalisations industrielles » ou « le patriotisme économique » notamment.

« Je sais qu’on a des divergences sur les questions régaliennes » mais ces convergences « doivent nous permettent d’envisager une volonté commune de tourner la page de 40 années d’échec », a ajouté M. Peltier, qui ne cache pas sa proximité avec M. Bertrand.

Le président ex-LR de la région Hauts-de-France, qui espère représenter la droite en 2022 sur une ligne sociale, « échange » en effet avec l’ancien ministre socialiste, assure-t-on dans son entourage, en évoquant plusieurs points de convergence: transition écologique axée sur la « croissance verte », intervention de l’Etat pour la reprise de l’outil industriel…

Ainsi qu’une « convergence majeure » sur les intérêts des milieux populaires, car « il faut résoudre les fractures révélées par le soulèvement des Gilets Jaunes », ajoute-t-on.

Le souverainisme est depuis longtemps le cheval de bataille d’élus de droite tels que le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, mais aussi défendu par certains à gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement qui avait popularisé cette idée de « républicains des deux rives ».

Pour le député LR souverainiste Julien Aubert, qui déclarait l’an dernier déjà qu' »avant Montebourg, Séguin et Chevènement ont eu raison trop tôt », un rapprochement des souverainistes est « possible » et « c’est la seule stratégie ». Mais « le bon candidat sera celui qui saura s’extirper des deux camps », selon lui.

– « Coup de communication » –

Arnaud Montebourg avait lui-même déclaré au Point début janvier que « la droite post-gaulliste qui défend notre pays et n’est pas favorable à la mondialisation me paraît tout aussi proche de moi que de nombreuses personnalités de gauche ».

Une idée tempérée dans son entourage: « La droite sociale, séguiniste, souverainiste est en train de se reformer avec Xavier Bertrand. Mais +souverainiste+ est un vocable de droite, avec un côté culturel qu’il n’y a pas chez nous », affirme un responsable de l’Engagement, le mouvement lancé par M. Montebourg début janvier.

Ainsi « la laïcité et la question identitaire ne font pas partie de nos thèmes » et « l’objectif est l’émancipation humaine avec une priorité donnée au social et au sociétal », ajoute-t-on.

A droite, aussi, certains tiquent. « La démonstration de la proximité idéologique avec Arnaud Montebourg ne m’est pas apparue », commente laconiquement le président de LR Christian Jacob, tandis que le patron des députés LR Damien Abad estime qu’il faut certes « bousculer les codes » mais « sans perdre notre ADN ».

Arnaud Montebourg « a vu juste sur bien des combats qu’il a menés, notamment la défense de l’industrie française » mais « le clivage gauche-droite n’a pas disparu », souligne l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy. « Reconstruire une base industrielle suppose que la France arrête de s’imposer des freins insurmontables », en matière de fiscalité notamment, ajoute l’eurodéputé qui ne voit pas « comment il serait possible de trouver une ligne commune ».

Et « je suis pas sûr que ça réussisse à Bertrand », pronostique un cadre du parti. « Macron a eu un coup de génie en disant +on va dépasser les clivages gauche-droite+, mais ça a marché une fois, et on voit le résultat: c’est un fiasco total ».

« Au prétexte de vouloir faire un coup de communication, il ne faudrait pas qu’on mette la charrue avant les boeufs », ajoute le numéro 3 de LR Aurélien Pradié.

Certes, « les grandes réformes ont été faites en dépassant certains clivages », comme après-guerre lorsque « gaullistes et communistes ont pu s’associer derrière l’idée de sécurité sociale ».

Mais il y a là « des désaccords profonds qui ne sont pas dépassables » et « pour un chiraquien, Montebourg c’est compliqué » ajoute M. Pradié, en allusion à la mise en accusation de Jacques Chirac demandée par l’ancien ministre socialiste.

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