Les Américains continuent de s’inscrire en masse au chômage, un défi pour Biden

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L’ampleur des défis économiques auxquels fait face Joe Biden a été mise en exergue jeudi par l’annonce d’une nouvelle vague d’inscriptions au chômage, signe supplémentaire des dégâts causés par la pandémie sur le marché du travail.

« La semaine dernière, pour la 44e semaine d’affilée, les inscriptions au chômage ont été plus élevées qu’au pire de la Grande récession » de 2009, a tweeté Heidi Shierholz de l’Economic policy institute (EPI), un centre de réflexion progressiste.

Du 10 au 16 janvier, 900.000 personnes se sont inscrites au chômage, selon les données publiées par le département du Travail.

C’est un peu moins que la semaine précédente, lorsque de nombreux chômeurs s’étaient réinscrits du fait de la prolongation des aides votée par le Congrès. Mais cela reste quatre fois plus élevé qu’il y a un an.

Ce niveau historiquement haut pendant une si longue période sera un casse-tête pour le nouveau président Joe Biden, qui hérite ainsi de l’un des marchés du travail les plus sinistrés dans l’histoire moderne du pays.

Lorsque Barack Obama était arrivé à la Maison Blanche en janvier 2009, au coeur de la récession provoquée par la crise financière, le taux de chômage était de 7,2%, un peu plus élevé que les 6,7% de décembre 2020, mais les inscriptions au chômage étaient bien moindres.

– 16 millions de chômeurs –

Près de 16 millions d’Américains vivent actuellement grâce aux allocations chômage.

Ce chiffre regroupe les 5 millions de personnes qui touchent le chômage classique, versé pendant six mois au plus, ainsi que tous ceux dont les droits ont expiré ou qui ne touchent normalement pas d’allocations – comme les indépendants – mais qui perçoivent le chômage grâce aux aides prévues dans le plan de relance de mars 2020, prolongées jusqu’en mars 2021.

Pour beaucoup d’économistes, ce niveau de chômage rend d’autant plus nécessaire l’adoption rapide du plan de sauvetage de 1.900 milliards de dollars voulu par le nouveau président. Celui-ci comprend des aides d’urgence pour les ménages les plus vulnérables et les petites entreprises.

Ce texte vise à offrir un répit aux chômeurs en prolongeant leurs droits soient jusqu’au 30 septembre, et autant que nécessaire, et en rehaussant leurs indemnités de 400 dollars par semaine.

Le Comité national économique (NEC) de la Maison Blanche a ainsi jugé que les chiffres de jeudi étaient un « nouveau rappel brutal sur la nécessité d’agir maintenant ».

« Il est essentiel que le Congrès se prononce rapidement sur la proposition du président et apporte un soutien aux familles qui en ont besoin », a déclaré le comité dans un communiqué.

La future secrétaire au Trésor, Janet Yellen a plaidé mardi devant le Sénat pour des dépenses généreuses, estimant qu’à long terme, « les avantages seront bien plus grands que les coûts financiers ».

Et un plan d’investissement, construit autour des énergies vertes, sera présenté dans les semaines à venir et doit permettre de créer des « millions » d’emplois manufacturiers « bien payés ».

– Santé insolente de l’immobilier –

Si les restrictions d’activité toujours très fortes liées à la vigueur du virus ont anéanti des secteurs — restauration, hôtellerie, transport aérien — d’autres pans de l’économie restent en forme ou continuent à se redresser.

« Le solide reste solide. Le logement et l’industrie manufacturière mènent la reprise et il semble qu’ils continueront de le faire », a souligné l’économiste Joel Naroff, insistant toutefois sur la mauvaise santé du marché du travail.

L’industrie manufacturière a même, dans la région de Philadelphie (nord-est des États-Unis), commencé l’année en fanfare, bondissant à son niveau le plus élevé depuis février 2020, selon l’indice de l’antenne locale de la Banque centrale américaine (Fed), publié jeudi.

« Dans l’ensemble, l’industrie manufacturière continue de récupérer du terrain perdu et se porte étonnamment bien malgré la propagation du virus », analyse Rubeela Farooqi, économiste pour HFE Snapshot.

Elle relève toutefois que « les exportations restent exposées à une baisse de la demande en raison des confinements en Europe ainsi que des perturbations de la chaîne d’approvisionnement ».

Les mises en chantier de logements neufs ont pour leur part augmenté plus que prévu en décembre, confirmant la bonne tenue du secteur, a dit jeudi le département du Commerce.

Les taux d’intérêt sont toujours très faibles, et le télétravail reste la règle pour une majorité de « cols blancs », qui n’ont pas repris le chemin du bureau et s’éloignent des villes pour avoir plus d’espace.

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