Provocateur, le tireur des Yvelines se dit « bagarreur » mais pas « tueur »

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Malik Abadia, accusé d’être le « tireur à la kalachnikov » qui a fait un mort et deux blessés il y a quatre ans dans les Yvelines, a clamé son innocence dans un style provocateur lundi, au premier jour de son procès devant la cour d’assises de Versailles.

Agé de 37 ans, cet ancien gérant d’une société de transport est accusé d’avoir tué son ancien beau-frère à Plaisir en mai 2017 avant de blesser deux autres personnes à Trappes dans les deux jours qui ont suivi.

Lundi, il n’a cessé d’interrompre l’audience pour se défendre de ces crimes, qui lui valent un placement en détention provisoire depuis son arrestation, provoquant à de nombreuses reprises la colère de son avocat et de la présidente de la cour.

« Mettez-moi aux oubliettes si vous voulez », a-t-il lancé à la juge qui menaçait de l’exclure. « J’ai envie de parler, c’est ma vie qui est en jeu », a poursuivi l’accusé en précisant que ses interventions intempestives le « libéraient ».

A la barre, les enquêteurs l’ont décrit comme un individu « violent », « craint » et « jaloux », qui, avant l’assassinat du frère de son ex-compagne, a menacé cette dernière en lui lançant « les balles vont parler ».

Son casier judiciaire est épais de 14 condamnations, dont plusieurs pour violences, notamment sur son ancienne compagne. Dans le box des accusés, où il était sous haute surveillance policière, Malik Abadia s’est décrit comme un « bagarreur », « dur comme de la pierre », dont la vie de quartier à Trappes n’a été qu’une succession de conflits, de bagarres et de représailles.

« J’ai peut-être été violent, mais je n’ai jamais tué personne », a-t-il assuré.

– « Tireur déterminé » –

Pour les enquêteurs, l’assassinat de la victime, le soir du 6 mai 2017 sur le parking d’un fast-food de la petite ville de Plaisir, à proximité de Trappes, est l’œuvre d’un « tireur déterminé et motivé » et habile dans le maniement d’armes.

Pas moins de onze impacts de balles tirées par un fusil d’assaut kalachnikov ont été retrouvés sur le pare-brise du véhicule de la victime, âgée de 35 ans, mortellement touché au cou, au bras et à la cage thoracique.

« Il ne s’agit pas d’un règlement de compte traditionnel entre voyous », ont expliqué les enquêteurs à propos de ce dossier, dans lequel la plupart des acteurs sont connus des services de police.

L’assassin a agi à visage découvert avant de prendre la fuite. Si la famille de la victime a immédiatement incriminé Malik Abadia, ce dernier n’a pas été reconnu par les témoins présents au fast-food.

L’accusé était bien présent à ce restaurant plus tôt ce soir-là, mais lors de sa garde à vue, il a expliqué y être allé pour prendre une glace, alors qu’il habitait à Argenteuil, ville du Val-d’Oise à 35 kilomètres de Plaisir.

L’arme du crime, dont la balistique a prouvé qu’elle avait été aussi utilisée lors des deux tentatives d’assassinat qui ont suivi, n’a pas été retrouvée.

Concernant ces deux agressions, l’accusé avait eu plusieurs différends avec les victimes, dont il aurait souhaité se venger. Les deux hommes ont été victimes de tirs de kalachnikov dans les jambes et ont accusé Malik Abadia d’en être l’auteur.

Réquisitoire, plaidoiries et verdict sont attendus vendredi.

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