Les New-Yorkais redécouvrent les lieux touristiques de leur ville, désertés avec la pandémie

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Un an après l’arrivée de la pandémie, les touristes, étrangers surtout, ne sont pas encore revenus à New York; en attendant, de nombreux New-Yorkais en profitent pour découvrir, ou redécouvrir, les lieux emblématiques de la ville, qu’ils évitaient jusqu’ici.

Il est 10h00 du matin, ce vendredi à Liberty Island et ils sont à peine une dizaine devant la statue de la Liberté, éparpillés sur plus de 100 mètres de promenade. Il y a encore deux ans, même en cette période traditionnellement creuse avant le printemps, c’est une centaine de touristes que l’île aurait déjà vu passer.

Alexander Lumbres, étudiant new-yorkais, est déjà venu près de 20 fois, mais il n’avait jamais vu ça. Avant, « c’était vraiment compliqué. On se mettait derrière (la statue) pour avoir une photo correcte avec la famille. »

L’an dernier, New York a accueilli environ un tiers des touristes qu’elle avait reçus en 2019 (34%), « et l’essentiel remonte au premier trimestre, avant la pandémie », reconnaît Christopher Heywood, vice-président de NYC & Company, l’office du tourisme de la ville.

Ces jours-ci, 90% des visiteurs du Metropolitan Museum viennent de la région, selon une porte-parole, quand ordinairement ils sont moins de la moitié.

NYC & Company, qui a réduit de presque moitié ses effectifs avec la pandémie, faute de budget, a mis sur pied la campagne « All In NYC » (Banco sur New York) pour inciter les New-Yorkais à voyager dans leur propre ville, qui reste la plus cosmopolite du monde.

Le retour à la vie d’avant « va démarrer avec les New-Yorkais », dit-il.

« Quand vous vivez ici, vous ne faites pas attention » aux lieux et monuments emblématiques qui font rêver ailleurs, explique Darlene Vann, militaire en poste dans la région depuis un an et qui n’était jamais venue voir la statue de la Liberté.

Habituellement, « les New-Yorkais sont connus pour ne pas se déplacer dans des endroits comme ici », confirme Jerry Willis, du National Park Service, l’organisme public qui gère les parcs et sites nationaux.

– Vivement le « tumulte » –

Le mari de Darlene, Jay Vann, préfère les sites d’extérieur aux lieux fermés, « parce qu’ils limitent la jauge » en intérieur. A cela s’ajoute les réticences de certains liées à la pandémie, malgré le respect de protocoles sanitaires stricts.

Au quatrième trimestre 2020, l’observatoire de l’Empire State Building a ainsi enregistré une baisse de 94% du nombre de visiteurs par rapport à la même période de 2019, bien qu’ayant été ouvert durant ces trois mois.

Au Mémorial du 11-Septembre, quelques dizaines de personnes seulement arpentent l’immense esplanade où se tenaient, il y a 20 ans, les deux tours jumelles du World Trade Center.

Durant les premières années du nouveau site, beaucoup de New-Yorkais évitaient le lieu, trop chargé, au point que le Mémorial a lancé, en 2016, une campagne de communication spécifique, « Our City. Our Story ».

Janice Ryan a perdu un ami le 11 septembre 2001. Aujourd’hui, elle est venue chercher son nom dans la liste gravée le long des deux grands bassins installés là où se trouvaient le 1 et le 2 World Trade Center.

« C’était plus facile pour moi de venir aujourd’hui, parce que c’était tellement bondé avant la pandémie », dit-elle. « Je n’y allais pas, parce que c’est tellement dur. Je ne sais pas comment on peut venir ici et ne pas se sentir comme si cela venait d’arriver. »

Mark Robinson se souvient aussi de « 9/11 ». Il était à New York. Mais ce metteur en scène de théâtre vient lui souvent à « Ground Zero », pour se ressourcer. « Normalement, je ne serais pas venu un vendredi, mais les rues sont désertes » dans le bas de Manhattan.

Le sexagénaire apprécie la respiration que connaît la ville où il s’est installé en 1982, mais il n’aurait rien contre un peu plus d’animation.

« Il est vraiment temps qu’on retrouve le tumulte et l’agitation de la ville », renchérit Jay Vann. « On adorait ça quand on a habité ici (une première fois), plus jeunes. »

Avec la réouverture au public de quelques salles de spectacle, dont le Madison Square Garden, et celle des cinémas en plus des musées, Christopher Heywood détecte des « indicateurs positifs ». « C’est progressif, mais on voit des signes de reprise. »

Le tournant? Broadway, sans doute pas avant septembre. « Ce sera le catalyseur dont nous avons besoin », dit-il, « pour envoyer au monde le signal que New York vous attend. »

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