Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, est arrivé vendredi au palais de justice de Paris pour être interrogé pour la première fois aux côtés d’une femme qui dit l’avoir violée il y a plus de dix ans, une affirmation qu’il a démentie.
Sophie Patterson-Spatz accuse également Darmanin, un pilier de droite du gouvernement du président Emmanuel Macron, de harcèlement sexuel et d’abus de pouvoir.
Elle dit avoir été violée en 2009 après avoir demandé l’aide de Darmanin pour faire effacer un casier judiciaire alors qu’il était conseiller juridique auprès de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), le prédécesseur du principal parti de droite français, les républicains.
L’affaire a été classée en 2018 après que les procureurs ont déclaré qu’une enquête préliminaire n’avait pas montré une « absence de consentement » ni qu’elle avait agi « sous la contrainte, la menace, la surprise ou toute forme de violence ».
Mais Patterson-Spatz a réussi à faire rouvrir l’affaire en juin dernier, notamment parce qu’elle n’a jamais eu la chance de confronter Darmanin directement en présence d’un juge.
Les groupes féministes étaient furieux lorsque Macron a décidé, quelques semaines plus tard, de nommer Darmanin ministre de l’Intérieur – effectivement le «meilleur flic» de la France – alors même que la France était aux prises avec une vague d’allégations d’agressions sexuelles déclenchées par le mouvement #MeToo.
Il a été interrogé en tant que témoin en décembre et n’a jusqu’à présent pas été inculpé.
Darmanin, qui dit avoir eu des relations sexuelles consensuelles avec Patterson-Spatz, a répondu avec son propre procès en diffamation.
« Il faut comprendre ce que signifie être accusé à tort, devoir expliquer à ses parents ce qui s’est passé, car c’est vrai que j’ai eu la vie d’un jeune homme », at-il déclaré à un journal régional en juillet.
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