L’Equateur en attente des résultats de la présidentielle entre gauche et droite

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Les Equatoriens ont voté dimanche au second tour d’une présidentielle opposant un jeune économiste, poulain de l’ex-dirigeant socialiste Rafael Correa, et un ancien banquier conservateur, dans ce pays pétrolier et endetté, dont la crise s’est aggravée avec la pandémie de Covid-19.

Quelque 13,1 millions d’électeurs devaient désigner le successeur de l’impopulaire Lenin Moreno, qui achèvera son mandat de quatre ans le 24 mai.

Un duel serré se jouait entre Andrés Arauz, 36 ans, adoubé par M. Correa – qui a dirigé l’Equateur pendant dix ans – et Guillermo Lasso, vétéran conservateur de 65 ans, aspirant pour la troisième fois à la présidence.

La journée électorale, initiée à 07h00 locales (12h00 GMT), s’est achevée dix heures plus tard, sans incident.

« L’accès des électeurs aux bureaux de vote est fluide », a indiqué le Conseil national électoral (CNE) peu avant la clôture.

Des sondages de sortie des urnes, diffusés par les chaînes Teleamazona et Ecuavisa, n’ont pas permis de dégager une tendance nette: l’institut Cedatos créditait Guillermo Lasso de 53,24% contre 46,76% à Andrés Arauz, Clima Social les donnant à égalité et s’abstenant donc de révéler les pourcentages.

Les Equatoriens devaient donc attendre les résultats officiels, le CNE prévoyant la publication des premiers « à partir de 19h00 » locales, deux heures après la clôture.

M. Arauz s’est prononcé dimanche pour « un gouvernement d’unité nationale » et a appelé à tourner la page, s’engageant à « apporter des solutions aux problèmes des Equatoriens ».

Se disant prêt à donner sa « vie au peuple », M. Lasso a promis « un Equateur libre et démocratique » où tous « puissent atteindre la prospérité ».

– Crise économique et pandémie –

Le PIB de ce pays dollarisé de 17,4 millions d’habitants a accusé une contraction de 7,8% en 2020 et la dette globale atteint 63,88 milliards de dollars (63% du PIB). L’Equateur est en outre très touché par la pandémie, avec quelque 340.000 cas de Covid-19, dont plus de 17.000 morts.

« La situation est chaotique. Il n’y a pas de travail (…) nous devons changer », a déclaré à l’AFP Santiago Esteiner, 64 ans, un électricien automobile, qui votait Arauz.

« Ce pays a besoin d’emplois », estimait aussi Enrique Lumaño, 34 ans, employé du BTP qui penchait pour Lasso.

M. Arauz, candidat de la coalition Union pour l’espérance (Unes, gauche) – qui parie sur la social-démocratie – était arrivé en tête du premier tour le 7 février avec 32,72% des voix, contre 19,74% à son rival du mouvement Créer des opportunités (Creo, droite), adepte du libre-échange.

Les résultats ont été contestés par Yaku Pérez, avocat indigène de gauche, troisième avec seulement 0,35% d’écart derrière M. Lasso.

Sur fond de polarisation entre corréistes et anti-corréistes, le vote des amérindiens devait peser. S’ils ne constituent que 7% de la population, ils sont une force redoutée.

Ils ont organisé les violentes manifestations de 2019 contre l’austérité, qui ont fait 11 morts et plus de 1.300 blessés, et ont contribué à renverser trois présidents entre 1997 et 2005.

C’est la première fois qu’un des leurs parvenait si loin à une présidentielle. Mais le parti Pachakutik, deuxième force au parlement depuis le scrutin de février, a appelé à voter nul dimanche.

Ils sont néanmoins divisés et le doute planait sur le choix qu’allaient faire les 19,39% d’électeurs de Pérez, quand les sondages donnaient Arauz et Lasso au coude-à-coude.

– L’inconnue du vote nul –

Le directeur de l’institut Market, Blasco Peñaherrera, annonçait un scrutin « incertain », avec 15% d’indécis.

Deux modèles sont en jeu, entre retour du socialisme et accentuation du virage à droite, entamé par Lenin Moreno au grand dam de son prédécesseur et ex-allié Rafael Correa.

L’ancien président vit en Belgique, pays de son épouse et a été condamné par contumace en 2020 à huit ans de prison pour corruption.

Si M. Arauz l’emporte, « le premier point à l’ordre du jour du gouvernement sera le retour de Correa », selon le politologue Santiago Basabe, de la Faculté latino-américaine de sciences sociales (Flacso).

« Mais celui qui gouvernera, ce sera moi! », a affirmé à l’AFP son protégé, qui entend « renégocier l’accord » signé avec le Fonds monétaire international (FMI) contre un prêt de 6,5 milliards de dollars.

De son côté, M. Lasso vise un « déficit zéro pour ne pas aggraver la dette ». S’il gagne, il lui faudra composer avec l’Unes qui, sans avoir la majorité, constitue le premier groupe parlementaire.

Pour l’analyste Oswaldo Moreno, le vainqueur devra « se concerter avec de nombreux acteurs », a fortiori en cas d’un fort pourcentage de votes nuls qui « légitimerait de futures manifestations » affectant « la gouvernance ».

Yaku Pérez a averti dimanche que les indigènes seraient « en première ligne » en poursuivant leur « résistance » si le prochain président, quel qu’il soit, ne tient pas ses promesses, notamment de défense de l’environnement et d’accélération de la vaccination contre le Covid-19.

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