Quartararo, le syndrome qui pose problème

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Syndrome des loges, ou la maladie des motards: le problème musculaire qui a privé Fabio Quartararo d’une victoire au Grand Prix d’Espagne est bien connu des pilotes de MotoGP. De quoi freiner le Français dans sa quête de titre mondial?

« Je n’avais plus de force, mon bras c’était de la pierre »: au moment d’expliquer ce qui lui a coûté la course à Jerez (Andalousie), Fabio Quartararo était abattu, « perdu », après sa 13e place finale alors qu’ils dominait le Grand Prix.

Le Français de 22 ans, délogé par l’Italien Francesco Bagnaia en tête du championnat du monde qu’il espère remporter pour la première fois, va devoir se faire opérer mardi même s’il a indiqué qu’il serait présent pour la 5e manche au GP de France le 16 mai.

En juin 2019, il avait déjà dû subir une opération à cause du « syndrome des loges », bien connu des pilotes.

– « Tension prolongée » –

Le syndrome des loges, « très commun parmi les pilotes de moto ou bien de VTT, survient à cause d’une tension prolongée sur les muscles de l’avant-bras », explique Pierre Ortega, médecin et président du comité médical de la Fédération française de motocyclisme (FFM).

« Les muscles sont contractés pendant de longues périodes sans pouvoir se relâcher et se réoxygéner, et donc se trouvent à l’étroit dans leurs loges », les membranes entourant les muscles, poursuit-il.

L’ancien pilote MotoGP Randy de Puniet se demande comment son compatriote a fini la course: « c’est impossible de rouler avec, surtout du côté droit avec l’accélérateur et le frein, et surtout à Jerez, où l’on n’a à aucun moment le temps de se dégourdir les mains pour retrouver de la force et de la sensibilité ».

Lui-même touché et opéré pour ce problème en fin de carrière quand il est passé en 2015 en catégorie Suberbike, sur des motos plus lourdes aux freins moins performants, il explique : « On n’arrive plus à serrer, donc quand on arrive à 300 km/h et qu’il faut attraper les freins… c’est pas facile ».

« Surtout avec des machines qui sont de plus en plus lourdes, qui vont de plus en plus vite et qui nécessitent de freiner de plus en plus fort », renchérit De Puniet.

« A mon avis d’ici à deux ans, tout le plateau est passé sur le billard », craint De Puniet, alors que dimanche soir à Jerez, l’Espagnol Aleix Espargaró (Aprilia) a lui aussi indiqué qu’il souffrait du syndrome.

L’Espagnol Iker Lecuona (KTM) et l’Australien Jack Miller (Ducati) sont déjà passés par la case chirurgie cette saison, entre la 2e manche au GP de Doha et la 3e au Portugal le 18 avril. Bonne nouvelle pour Quartararo, ça n’a pas empêché Miller de s’imposer en Espagne.

« C’est commun, c’est une opération légère », assure De Puniet, aujourd’hui consultant pour Canal+. « S’il se fait opérer demain (mardi) il sera de retour au Mans à 100%, il n’y a pas de souci ».

– Récidives –

Parfois, des pilotes doivent passer plusieurs fois par l’opération, comme l’Espagnol Dani Pedrosa, en 2014 et 2015.

« Sur une première intervention on fait ce qu’on appelle une aponévrotomie, on ouvre la loge, et ça reste en général une intervention relativement simple », explique le docteur Ortega.

« Mais lorsque qu’il y a une récidive on est obligé d’avoir des techniques un peu plus agressives entre guillemets, et on va aller ouvrir un peu plus large dans les loges ».

Il rassure: « les solutions chirurgicales permettent toujours de dépanner le pilote de haut niveau et réduire la douleur ».

Mais le médecin met aussi l’accent sur le temps de récupération: « les pilotes professionnels n’ont pas le temps et c’est ce qui peut pécher, s’ils reprennent trop tôt, ça peut générer derrière des phénomènes de récidives ».

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