des ministres à la rencontre des manifestants bloquant Port-Soudan

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Khartoum a annoncé avoir envoyé dimanche une délégation ministérielle auprès des manifestants qui bloquent dans l’est du Soudan le principal port et des oléoducs, en vue de relancer l’import-export du pays engagé dans une difficile transition.

Dans cette région pauvre où transite pourtant la majorité du commerce du pays, les protestataires dénoncent un accord de paix avec des rebelles qui selon eux ne leur assure pas une représentativité suffisante au sein des autorités.

La délégation « a toutes les propositions en main pour un règlement définitif » à la crise, a assuré à l’AFP un responsable gouvernemental sous le couvert de l’anonymat.

Elle « ne rentrera pas (à Khartoum) sans solution », a-t-il ajouté.

Signe que la crise est prise très au sérieux, la délégation est composée d’un haut-gradé du Conseil de souveraineté, instance chargée de piloter la transition vers un régime civil, ainsi que des ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de l’Energie et des Transports.

Le ministre du Pétrole Jaden Ali al-Obeid avait parlé samedi d’une situation « très grave », alors que le pays est déjà englué dans un marasme économique.

Depuis une dizaine de jours, les Beja, l’une des plus grandes tribus de l’Est, bloquent le port et des routes de Port-Soudan, poumon commercial du pays.

Après avoir bloqué vendredi les accès à l’aéroport, ces manifestants ont fait monter la pression d’un cran samedi en bloquant l’unique oléoduc permettant au voisin sud-soudanais d’exporter son pétrole, ainsi qu’un autre permettant la distribution du pétrole sud-soudanais au Soudan.

Le ministère soudanais du Pétrole a prévenu ne disposer de réserves d’hydrocarbures que pour « dix jours » dans un pays pris en étau entre pauvreté et inflation galopantes et austérité imposée par ses bailleurs internationaux.

En proclamant son indépendance en 2011, après des décennies de conflit avec Khartoum, le Soudan du Sud a hérité de 75% des réserves pétrolières du Soudan pré-sécession. Mais, enclavé, il continue de dépendre des infrastructures du voisin soudanais pour l’exporter.

Le gouvernement de Khartoum reçoit environ 25 dollars pour chaque baril vendu par le Soudan du Sud, selon des chiffres officiels.

Le blocage de l’Est intervient alors que la semaine dernière Khartoum annonçait avoir déjoué une tentative de coup d’Etat menée selon les autorités par des partisans du régime d’Omar el-Béchir, autocrate renversé en 2019 par une révolte populaire et l’armée.

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