RSF dénonce le « danger » des « méthodes brutales » de Bolloré dans les médias

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on whatsapp
WhatsApp

« Méthodes brutales », « danger pour la liberté de la presse » et « la démocratie »: Reporters sans frontières dénonce jeudi les procédés du milliardaire Vincent Bolloré, dans les médias, appelant l’État, le CSA, l’Autorité de la concurrence et le législateur à intervenir, mais sans provoquer de réactions politiques.

Dans un documentaire de 16 minutes, intitulé « le Système B », diffusé sur les réseaux sociaux, RSF fait témoigner 11 journalistes sur « le système de contrôle de l’information » de l’homme d’affaires, qui n’a eu de cesse d’étendre son empire médiatique, via son groupe Vivendi.

Les 11 journalistes décrivent, à visage découvert, la « mécanique d’emprise et d’intimidation mise en place par Vincent Bolloré lorsqu’il prend le contrôle d’un média ou lorsque des journalistes enquêtent sur ses activités industrielles ».

Ainsi, Patrick Cohen, ex-présentateur d’Europe midi sur Europe 1 (qui fait l’objet d’une prise de contrôle de Vivendi) s’emporte contre « la façon de s’éloigner des principes du journalisme tels qu’Europe 1 le pratiquait depuis plus de 60 ans ».

Isabelle Roberts, co-auteure de la série l’Empire – Les Jours, rend compte des « méthodes d’un raider, c’est-à-dire quelqu’un qui va arriver dans une boîte, qui va couper toutes les têtes, qui va refaire son truc. Les rédactions ne sont pas habituées à cela. Il va se retrouver avec des gens qui soit ne sont pas d’accord, soit n’osent pas parler, mais en tout cas, sont mis au pas »,

« Ces pratiques représentent un véritable danger pour la liberté de la presse, mais aussi pour la démocratie », alerte RSF.

Sollicité par l’AFP, le groupe Vivendi n’a pas souhaité faire de commentaire.

Ce film est un « signal d’alarme », lance le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, alors que Bolloré est désormais présent dans la télévision (Canal+, CNews, C8), la radio (Europe 1, RFM et Virgin Radio), la presse écrite avec Voici, Capital et Gala, et plus récemment Paris Match et le JDD.

« Il est urgent d’instaurer de nouveaux garde-fous », ajoute M. Deloire.

– Rares réactions politiques –

Au total, RSF formule sept recommandations. Parmi elles, il demande à l’État d' »intervenir pour l’indépendance éditoriale en sa qualité d’actionnaire de Vivendi », via la Caisse des dépôts (CDC) qui possède 2,20% du capital du groupe. Contactée par l’AFP, la direction de la Caisse des dépôts, qui ne siège pas au conseil d’administration de Vivendi, n’a pas souhaité réagir.

Il est aussi demandé à l’Autorité de la concurrence « d’empêcher la création de quasi-monopoles dans les secteurs de l’information, y compris dans l’édition », l' »un des modes d’expression des journalistes ». Dans ce secteur, le groupe Vivendi, déjà propriétaire d’Editis, est appelé à se renforcer avec la prochaine acquisition des éditions Lagardère.

« Cette opération sera en tout état de cause soumise à un examen préalable de la Commission européenne ou de l’Autorité de la concurrence dans le cadre du contrôle des concentrations », a rappelé l’Autorité de la concurrence, interrogée par l’AFP.

RSF exhorte également le Conseil supérieur de l’Audiovisuel à « faire respecter l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information sur la base des conventions actuelles ».

« Le CSA est très attentif au respect des obligations qui incombent aux médias audiovisuels et accorde la plus grande vigilance aux compétences qu’il détient de la loi Bloche, dont les enjeux sont prioritaires pour la vie démocratique et la vitalité du débat public », a réagi le régulateur dans une déclaration transmise à l’AFP.

RSF incite également « le législateur à mettre en place un dispositif efficace contre les procédures bâillons », armes de dissuasion pour museler les médias.

Sur les réseaux sociaux, hormis des tweets de journalistes, l’appel de RSF n’a quasiment pas suscité de réactions politiques à l’exception de celles de Nadine Morano et Eric Ciotti défendant Vincent Bolloré.

Selon le classement mondial 2021 de la liberté de la presse établi par RSF, la France se situe à la 34ème place.

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

Cinéma

Technologie

Les plus lus

No Content Available