Des membres de l’extrême droite américaine condamnés à verser 25 millions de dollars

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Des figures et organisations de l’extrême droite américaine ont été condamnées mardi à verser plus de 25 millions de dollars à des victimes d’une manifestation qu’ils avaient organisée en 2017 à Charlottesville et qui avait viré au drame.

Après un mois de procès devant un tribunal fédéral, un jury a estimé que douze leaders et cinq groupuscules de l’ultra-droite pouvaient être tenus responsables des violences qui avaient fait un mort et plusieurs blessés dans cette ville de Virginie.

Le jury a retenu quatre des six motifs de poursuites qui figuraient dans la plainte déposée par des victimes des heurts, et n’a pas réussi à se mettre d’accord sur deux autres.

Malgré tout, les plaignants se sont réjouis d’avoir obtenu satisfaction. « Nous espérons désormais que cette décision encouragera d’autres voix à (…) dénoncer la suprématie blanche », ont-ils commenté dans un communiqué transmis par l’organisation Intergrity First for America qui les soutenait.

« La décision envoie le message que notre pays ne tolère pas la violence motivée par la haine raciale ou religieuse », a ajouté leurs avocates Roberta Kaplan et Karen Dunn.

A l’été 2017, des centaines de nationalistes blancs avaient manifesté, sous la bannière du mouvement « Unite the right », pour protester contre la décision de la mairie de déboulonner une statue du général Robert Lee qui a mené les Etats du Sud esclavagistes lors de la guerre de Sécession.

Le rassemblement avait débuté le 11 août au soir par une marche de néonazis et de membres du Ku Klux Klan défilant à la lumière de leurs torches.

Le lendemain, des heurts avaient éclaté entre ces partisans de la suprématie blanche et des manifestants antiracistes. Un sympathisant néonazi, James Fields, avait alors foncé en voiture dans une foule de contre-manifestants, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

Le président républicain Donald Trump avait dénoncé des violences « des deux côtés », ce qui lui avait valu d’être accusé de complaisance envers l’extrême droite.

Depuis, James Fields a été condamné à la prison à perpétuité.

La procédure au civil, lancée dès 2017 par des victimes a avancé plus lentement, notamment en raison du manque de coopération des accusés. Lors du procès, la plupart d’entre eux n’ont pas renié leurs convictions, y compris racistes, mais ont nié avoir planifié les violences.

Dans les années 1980-90, des plaintes au civil déposés par des militants antiracistes ont permis de mettre à genoux plusieurs organisations extrémistes contraintes de céder leurs biens pour verser les dédommagements fixés par la justice.

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