Telecom Italia perd son patron et va examiner l’offre de KKR

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Plombé par de piètres résultats et des difficultés dans le numérique, l’opérateur Telecom Italia (Tim) a vu son patron Luigi Gubitosi démissionner vendredi à l’issue d’un long conseil d’administration, alors que le fonds privé américain KKR a fait une offre de 11 milliards d’euros pour le groupe.

Après plus de cinq heures, le conseil d’administration extraordinaire convoqué en début d’après-midi s’est conclu par la démission de Luigi Gubitosi, directeur général depuis novembre 2018 du plus grand groupe italien de télécoms, dont le français Vivendi détient près de 24%, selon un communiqué publié dans la soirée.

Il a été remplacé par Pietro Labriola, qui dirigeait les activités brésiliennes de la société, tandis que le président du conseil d’administration Salvatore Rossi va prendre en charge une grande partie des fonctions de M. Gubitosi, précise le texte.

En outre, le conseil d’administration de Telecom Italia a mis sur pied un comité ad hoc pour étudier la proposition faite lundi par le fonds KKR, une « manifestation d’intérêt » non contraignante d’un montant de près de 11 milliards d’euros, pour racheter la totalité du capital de Telecom Italia.

Ce coup de théâtre n’en est pas vraiment un alors que Vivendi, actionnaire principal de Telecom Italia depuis 2015, avec aujourd’hui 23,75% du capital, se montrait très critique de la gestion de M. Gubitosi, qui n’a pas été en mesure d’inverser la baisse du cours des actions de Telecom Italia (TIM).

Le groupe français contrôlé par le magnat breton des affaires Vincent Bolloré, qui jugeait l’offre de KKR sous-évaluée, « n’a aucune intention de céder sa participation » dans l’opérateur italien, avait déclaré un porte-parole de Vivendi à l’AFP mardi.

Contactés vendredi soir, ni Vivendi ni KKR n’ont donné suite aux sollicitations de l’AFP.

– Retard dans la fibre optique –

Onze des quinze administrateurs, dont ceux de Vivendi, avaient demandé cette convocation du conseil d’administration vendredi, afin d' »interpeller la direction » – qu’ils soupçonnaient même d’être allé chercher KKR – sur les résultats décevants du groupe, avait confié une source proche du géant des médias.

Les difficultés opérationnelles de Telecom Italia, qui a vu son bénéfice net s’effondrer de 98,1% sur les neuf premiers mois de l’année à 22 millions d’euros, viennent notamment d’un retard dans le déploiement de la fibre optique, divisée dans la péninsule en deux réseaux concurrents.

En août 2020, Tim avait donné son aval à un projet de réseau unique national en fibre optique afin d’accélérer le développement de l’internet haut et très haut débit.

Ce réseau devait naître de la fusion entre le réseau de fibre optique Open Fiber, qui passera avant fin novembre sous le contrôle de la Caisse des dépôts italienne (CDP), un organisme public, et celui de FiberCop, une nouvelle société qui regroupe désormais les réseaux de Tim et du fournisseur d’accès à internet Fastweb, dans laquelle a d’ailleurs investi KKR.

Selon un accord conclu en 2020 entre Telecom Italia et la CDP, son deuxième actionnaire derrière Vivendi, l’opérateur italien devait détenir au moins 50,1% de ce futur réseau national unique (AccessCo).

Alors que des médias italiens évoquaient un éventuel abandon de ce projet par l’Etat italien, Tim avait assuré fin juillet « poursuivre son dialogue » avec la CDP « pour définir des initiatives stratégiques communes visant à accélérer la numérisation du pays dans différents domaines, y compris le réseau ».

En Italie, Vivendi (propriétaire notamment de Canal+) avait aussi eu maille à partir avec le groupe de télévisions Mediaset, contrôlé par la famille Berlusconi, à propos d’un projet de plateforme de contenus commune abandonné. Mais les deux groupes viennent de faire la paix, après plusieurs années de contentieux.

La prise de contrôle de Tim par KKR nécessiterait le feu vert du gouvernement italien, l’activité de Telecom Italia étant considérée comme un actif stratégique national.

KKR possède déjà 37,5% de Fibercop, une co-entreprise détenue avec Tim et la société italienne Fastweb qui développe la fibre optique dans la péninsule.

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