Poutine à New Delhi, défense et énergie au menu avec Modi

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Le président russe Vladimir Poutine a loué en l’Inde une « grande puissance » et un allié « sûr » de Moscou, au cours d’une visite centrée sur l’énergie et la défense, avec l’annonce de la livraison de batteries de missiles sophistiqués, très mal vue par Washington.

La Russie a commencé à fournir à l’Inde ces systèmes de défense antiaérienne longue portée S-400, a annoncé la diplomatie indienne.

Un accord décennal de coopération militaire et un contrat pétrolier ont par ailleurs été signés en marge de la rencontre de M. Poutine avec le Premier ministre Narendra Modi.

« Nous considérons l’Inde comme une grande puissance, une nation amie et un allié sûr », a déclaré le président russe aux journalistes avant la rencontre, qui visait à renforcer les liens avec un allié traditionnel, mais courtisé par Washington.

Les Etats-Unis, qui s’efforcent de parer la montée en puissance de la Chine, ont instauré le Quad, un dialogue sur les questions de sécurité avec l’Inde, le Japon et l’Australie, non sans éveiller des inquiétudes à Pékin et Moscou.

L’Inde fut proche de l’Union soviétique pendant la Guerre froide et ces relations qui perdurent aujourd’hui sont qualifiées par New Delhi de « partenariat stratégique spécial et privilégié ».

– « Symbolique » –

Ce n’est que le deuxième voyage à l’étranger de Vladimir Poutine depuis le début de la pandémie provoquée par le coronavirus et le sommet en juin avec son homologue américain Joe Biden à Genève.

Cette visite en Inde est d’autant plus notable qu’il n’avait pas participé à d’importantes réunions telles que les sommets du G20 et de la COP26 et avait également reporté une visite prévue en Chine.

« C’est extrêmement symbolique », a estimé Nandan Unnikrishnan, du groupe de réflexion Observer Research Foundation, dont le siège est à New Delhi, « cela indique à quel point ils ne veulent pas que les relations stagnent ou ralentissent ».

Cependant, M. Poutine est confronté à une dynamique régionale complexe, avec des tensions croissantes entre l’Inde et la Chine, depuis des affrontements meurtriers en 2020 entre ces deux puissances nucléaires sur la ligne de contrôle dans la région himalayenne.

« L’influence de la Russie dans la région est très limitée, principalement en raison de ses liens étroits avec la Chine et de son refus d’agir en désaccord avec les intérêts régionaux chinois », a expliqué à l’AFP le Dr Tatiana Beloussova, professeur de politique internationale à l’Université OP Jindal dans l’Haryana (nord de l’Inde).

– Pétrole –

Le géant russe de l’énergie Rosneft, dont le patron Igor Setchine était dans la délégation, a annoncé dans un communiqué qu’il allait livrer à l’Inde jusqu’à deux millions de tonnes de pétrole via le terminal de Novorossiïsk sur la mer Noire.

La Russie est par ailleurs depuis longtemps un pourvoyeur d’armes majeur pour l’Inde, en pleine modernisation de ses forces armées, dont l’un des derniers contrats signés en 2018 portait sur des systèmes de défense antiaérienne S-400 d’une valeur de plus de cinq milliards de dollars.

« Les livraisons ont commencé ce mois-ci et vont se poursuivre », a souligné lundi à ce propos le secrétaire indien aux Affaires étrangères Harsh Vardhan Shringla.

L’Inde a donc fait fi de la loi américaine Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) qui sanctionne les achats d’armements russes par tout pays ou toute entité.

« Nos amis indiens ont clairement expliqué qu’ils étaient un pays souverain et qu’ils décideraient à qui acheter des armes et qui sera partenaire de l’Inde », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov aux journalistes lundi.

Le département d’Etat américain a quant à lui dit la semaine dernière n’avoir pris aucune décision concernant l’Inde.

– Kalachnikovs –

L’Inde prévoit aussi d’augmenter sa propre production d’armements, grâce notamment à une collaboration avec Kalachnikov pour la fabrication d’AK-203.

Ce groupe russe a annoncé lundi avoir conclu un accord en vue de la fourniture de plus de 600.000 fusils d’assaut, qui seraient fabriqués sur place.

« Nous sommes prêts à commencer la production (…) dans les mois qui viennent », a assuré le PDG de Kalachnikov Vladimir Lepine.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays se sont également entretenus, le Russe Sergueï Lavrov soulignant que « la Russie et l’Inde (…) promeuvent des positions identiques ou proches concernant les questions les plus importantes pour le monde et la sécurité ».

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