Washington dramatise, l’Otan renforce ses défenses, Moscou dénonce une hystérie

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Les Etats-Unis ont dramatisé lundi la situation en Ukraine avec l’annonce d’une invasion russe « à tout moment » et l’Otan a annoncé un renforcement de ses défenses à l’Est, dénoncé par Moscou comme une volonté « d’exacerber les tensions » avec des informations « hystériques ».

Surpris, les pays de l’UE attendaient lundi des explications du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken sur la décision d’ordonner l’évacuation des familles des diplomates américains dans ce pays, un rappel critiqué par Kiev.

Londres a également annoncé le retrait d’une partie du personnel de son ambassade à Kiev et la France a conseillé de reporter les voyages non essentiels en Ukraine.

Dans ce climat tendu, l’Otan a annoncé placer des forces en attente et envoyer des navires et des avions de combat pour renforcer ses défense en Europe de l’Est. L’Alliance dispose d’une force de réaction rapide de 40.000 soldats actuellement sous commandement français.

« Les tensions sont exacerbées par les annonces et les actions concrètes des États-Unis et l’Otan », a déploré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dénonçant « une hystérie » en Europe sur une supposée invasion russe imminente de l’Ukraine.

Il a jugé « très élevé » le risque d’une offensive des troupes ukrainiennes contre les séparatistes pro-russes.

Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, avait dit il y a une semaine redouter une « intégration de fait » de ces régions à la Russie.

Antony Blinken doit intervenir en visioconférence pendant une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept. « Il nous expliquera les raisons de cette annonce. Nous n’allons pas faire la même chose, car nous ne connaissons pas les raisons spécifiques », a déclaré Josep Borrell.

La décision de Washington a été jugée « prématurée » et « excessive » par les autorités ukrainiennes.

« Je ne pense pas qu’on devrait dramatiser dans la mesure où les négociations se poursuivent et elles se poursuivent », a affirmé Josep Borrell.

« Il ne faut pas se mettre dans la logique d’une guerre. Il faut éviter la guerre », a estimé le doyen des ministres des Affaires étrangères de l’UE, le Luxembourgeois Jean Asselborn.

Antony Blinken doit informer les membres de l’UE des « pourparlers francs » qu’il a tenus vendredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Russes et Américains sont convenus d’un nouveau rendez-vous, et Antony Blinken s’est engagé à « coucher des idées sur le papier » en réponse aux demandes de Moscou pour la sécurité en Europe.

La Russie exige un engagement écrit sur le non-élargissement de l’Otan à l’Ukraine et à la Géorgie et demande un retrait des forces et des armements de l’Alliance atlantique des pays d’Europe de l’Est ayant rejoint l’Otan après 1997, notamment de Roumanie et Bulgarie. Des demandes inacceptables pour les Occidentaux.

La situation sécuritaire est jugée préoccupante. Moscou assure ne pas avoir l’intention d’intervenir en Ukraine, mais soutient les revendications des séparatistes pro-russes des républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk dans le Donbass (est) et a massé plus de 100.000 soldats, des chars et de l’artillerie aux frontières avec l’Ukraine.

– « Sanctions sans précédent » –

« Si la Russie envahit une nouvelle fois l’Ukraine, nous adopterons des sanctions sans précédent et la Russie sera totalement isolée », a averti lundi le ministre danois Jeppe Kofod.

Une série d’options ont été préparées par la Commission. La réduction des achats de gaz et de pétrole, respectivement 43% et 20% de l’approvisionnement de l’UE, et qui financent largement le budget russe, est sur la table, a confié à l’AFP une source européenne.

L’UE discute par ailleurs d’un soutien financier de 1,2 milliard d’euros pour aider l’Ukraine.

« Le processus des sanctions est en cours pour être sûr que tout sera prêt en cas de besoin », a assuré Josep Borrell. « Rien de concret ne sera approuvé aujourd’hui », a-t-il toutefois précisé.

La réduction des achats d’énergie divise l’UE. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban doit se rendre à Moscou en février pour discuter notamment des approvisionnements en gaz de son pays.

L’Allemagne aurait par ailleurs fait retirer une proposition visant à couper Moscou du système mondial de paiement SWIFT, selon une source diplomatique européenne. Et Berlin refuse de livrer des armes à Kiev, contrairement aux Etats-Unis qui ont envoyé 80 tonnes d’armements, a annoncé le ministre ukrainien de la Défense Oleksii Reznikov. .

Le chancelier Olaf Scholz a appelé dimanche à la « sagesse » dans l’examen des sanctions possibles et des « conséquences » pour l’Allemagne.

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