Cité Félix-Pyat, la fierté des Comoriens de Marseille

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Au début de la compétition, c’était un simple drap blanc sur un mur et un rétroprojecteur, pour suivre en extérieur le parcours des Comores à la Coupe d’Afrique des nations. Lundi, cité Félix-Pyat à Marseille, ils étaient plus d’un millier à soutenir les « Coelacanthes ».

Cette vraie « fan-zone » comorienne a été installée sur l’esplanade Félix-Pyat, au cœur du très populaire 3e arrondissement de Marseille, un quartier qui accueille de nombreux Comoriens.

Mais la communauté comorienne, qui représenterait environ 80.000 personnes à Marseille, est établie aussi dans les cités du nord de la ville et pour l’historique 8e de finale face au Cameroun, tous les quartiers avaient été appelés à la rescousse, de la Busserine, la Savine, les Cèdres, Plan d’Aou ou la Solidarité.

A coups de vidéos sur les réseaux sociaux, le vaste terre-plein de la cité est devenu le lieu de rendez-vous des soirs de match, jusqu’à l’exploit de la victoire face au Ghana, historique pour une sélection qui participe à sa première CAN, qui a joué son premier match officiel en 2010 et qui n’était pas encore reconnue par la Fifa il y a 20 ans.

Kamal, lui, est arrivé… du Cameroun, où il a soutenu son équipe sans penser qu’elle pouvait atteindre les 8e de finale. Alors il est rentré à Marseille pour voir la suite et pour faire la fête.

« Partout, aux Comores, ici, à Yaoundé, au Sénégal, partout où il y a une communauté comorienne, on explose de joie », a-t-il raconté à l’AFP. « Les Comores c’est un petit pays, mais il ne faut pas penser que les grands seront toujours les grands. On ne pensait jamais aller à la CAN, jamais sortir le Ghana, et on l’a fait. C’est une grande fierté. »

– Petit Vélodrome –

Au milieu des pétards et des feux d’artifice, drapeaux sur les épaules, tous disent cette fierté, chantent l’hymne national et scandent « Veri Piya », « Tous en Vert ».

Félix-Pyat se transforme ensuite en petit Vélodrome. « Aux armes ! Nous sommes les Comoriens ! », lance l’un des DJ chargés d’animer la soirée. L’un d’entre-eux, DJ Hatoir, est le frère de Salim Ben Boina, gardien de but N.2 de la sélection, auteur d’un match ahurissant face au Maroc.

Les bancs sont réservés aux femmes et aux enfants, et gare à celui qui passe devant le rétro-projecteur et cache les images venues de Yaoundé, où l’équipe nationale, privée de gardien de but de métier et réduite à 10 après quelques minutes, tient pourtant tête au Cameroun.

« Le Cameroun c’est des bandits ! », hurle le DJ après le carton rouge. Dans la foule, parmi les centaines de personnes présentes, certains ne sont même pas au courant que, dans les buts, c’est le défenseur Chaker Alhadur qui fait ce qu’il peut.

– La star Alonzo –

Mais Youssouf, adolescent venu avec son petit frère et sa petite sœur, se moque un peu du résultat. Il se souvient de la CAN précédente, quand « plein de copains avaient fêté la victoire de l’Algérie ». Cette fois, cette Coupe est aussi la sienne.

Car la moitié des joueurs comoriens présents au Cameroun sont nés à Marseille ou dans les environs. C’est aussi le cas du sélectionneur, Amir Abdou.

En poste depuis 2014, il est le grand artisan des progrès comoriens et c’est lui qui a convaincu les joueurs de la diaspora de rejoindre la sélection.

Présent au Cameroun, le défenseur Kassim Abdallah, passé par l’OM, a vécu les débuts. « On a dormi dans un hôtel désaffecté, on était en stage avec rien du tout. On était dans un truc, c’était Koh Lanta », a-t-il raconté au podcast « Passe ton Ballon », animé par de jeunes journalistes marseillais.

Lundi, la fan zone de Félix-Pyat a explosé plusieurs fois, quand Alhadur a réussi un incroyable double-arrêt, ou quand M’Changama a réduit le score (2-1) d’un coup franc splendide, sans pouvoir cependant renverser le résultat final.

Mais c’est pour un autre héros de la diaspora comorienne que tous les téléphones se sont allumés et ont été brandis à la pause. Le rappeur Alonzo, grande star marseillaise, a fait la surprise de venir chanter un morceau et a résumé le moment: « On a déjà gagné même si on perd. On est les kings, on est les Comores ! »

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