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la droite à la peine dans ses ex-bastions

La droite, siphonnée par LREM à Paris et dans les Hauts-de-Seine il y a cinq ans, espère sauver la mise dans ces anciens bastions lors des législatives malgré sa lourde défaite à la présidentielle.

L’époque est bien révolue où la droite triomphante raflait, au début des années 1990, la quasi-totalité des sièges à Paris. Après les législatives de 2017, LR n’a gardé que deux députés: Brigitte Kuster et Claude Goasguen (décédé en 2020), tous deux dans l’ouest parisien.

Et la bataille s’annonce rude dans une ville ayant voté à 35,3% pour Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, contre 6,6% à Valérie Pécresse.

« On est les outsiders », reconnaît Agnès Evren, présidente de la fédération LR de Paris, qui a toutefois « bon espoir de garder ces deux circonscriptions » grâce à l’implantation locale des candidats. Il ne faudrait cependant pas, face à la menace Nupes à gauche, que LR fasse à nouveau les frais d’un « vote utile » en faveur de LREM.

Dans la 4e circonscription (XVIe et une partie du XVIIe arrondissement), Brigitte Kuster voit une différence majeure avec 2017: « il n’y a pas d’engouement pour Emmanuel Macron », affirme celle qui affrontera Astrid Panosyan, l’une des fondatrices d’En marche!.

Sur le marché Berthier où elle tracte, l’accueil est bienveillant mais certains électeurs ne cachent pas leur inquiétude, après les 4,8% de Valérie Pécresse à la présidentielle: « Il faudrait qu’aux législatives les gens se ressaisissent. Notre image est ternie », assure Frédérique Le Floch, une riveraine, qui a vu beaucoup d’électeurs de droite passer chez Macron.

Dans la 14e circonscription, le maire LR du XVIe arrondissement Francis Szpiner affrontera le LREM Benjamin Haddad, lui-même passé par l’UMP.

Ailleurs, la partie s’annonce rude pour la droite en position de conquête: la surprise pourrait venir du maire LR du VIe arrondissement Jean-Pierre Lecoq (face au marcheur Gilles Le Gendre) ou de Marie-Claire Carrère-Gée, qui défiera la sortante Modem Maud Gatel dans la 11e.

– « Gâchis » –

En arrière-plan se profilent aussi, pour LR, les municipales de 2026, et la question d’une candidature de Rachida Dati à la mairie de Paris.

« C’est l’occasion de montrer aux Parisiens qu’on veut les défendre et qu’on est dans une logique de reconquérir Paris pour améliorer leur milieu de vie. C’est pour ça que Rachida Dati a fait campagne dans les circonscriptions, elle s’est déplacée partout », explique la conseillère LR de Paris Nelly Garnier.

Mais LR doit aussi faire face à des querelles d’appareil avec l’UDI, qui déplore que Paris soit l’un des seuls départements, avec les Hauts-de-Seine, « où il n’a pas été possible de passer un accord législatif ».

Dans les Hauts-de-Seine aussi, la droite a subi un revers en 2017, ses deux seuls députés élus (Thierry Solère et Constance Le Grip) étant depuis passés dans le camp de la majorité.

Entre l’UDI et LR, une réunion de crise a eu lieu sans trouver d’accord. « C’est du gâchis, très irrationnel », assure à l’AFP le sénateur UDI Hervé Marseille, et « ça a poussé beaucoup de nos élus à travailler avec la majorité », ajoute-t-il.

« LR a négocié jusqu’au bout mais l’UDI voulait une majorité de circos et Hervé Marseille a fait une alliance avec LREM pour les sénatoriales », réplique-t-on chez LR.

Aussi la droite part-elle en ordre dispersé.

Dans la 8e circonscription (Chaville, Meudon…), l’adjointe UDI au maire de Meudon, Virginie Lanlo, s’est alliée à la porte-parole de LREM Prisca Thévenot pour affronter la directrice de la communication de LR Cécile Richez.

Dans la 13e (Antony, Bourg-la-Reine…), fief pendant trente ans de Patrick Devedjan, le maire UDI de Sceaux Philippe Laurent affrontera… un conseiller municipal de la majorité, Numa Isnard, investi par LR. LREM présente une autre porte-parole, Maud Bregeon.

L’ex-candidat à la primaire LR Philippe Juvin se lance lui aussi dans la bataille. Son implantation donne, estime-t-on à droite, de réelles chances au maire de La Garenne-Colombes. Face à ce partisan d’une alliance avec la majorité, LREM n’a d’ailleurs pas envoyé de poids lourd.

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