inquiétudes après des incidents à la veille de la présidentielle

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Derniers préparatifs au Kenya avant une présidentielle cruciale

Des incidents en cascade lors de la distribution de matériel électoral au Kenya ont soulevé lundi des inquiétudes à la veille d’élections âprement disputées et à l’issue incertaine.

Les dernières palettes de bulletins de vote et autres caisses en plastique pleines de matériel électoral ont été déchargées lundi dans les 46.229 bureaux de vote qui seront ouverts mardi de 06h00 à 17H00 (03H00 à 14H00 GMT) lors d’un scrutin à forts enjeux pour la locomotive économique de l’Afrique de l’Est.

Au total, les 22,1 millions d’électeurs doivent voter six fois mardi pour choisir leur président, mais aussi leurs parlementaires, gouverneurs et quelque 1.500 élus locaux.

Mais lundi, la Commission électorale (IEBC) s’est aperçue que certains bulletins de vote avaient été mal routés, et d’autres ne comportaient pas les bonnes photos de candidats. L’IEBC a par conséquent annulé quatre scrutins locaux, notamment dans la grande ville portuaire de Mombasa (sud).

Un kit électronique utilisé pour l’identification des électeurs a par ailleurs disparu, et six responsables de l’IEBC ont été arrêtés car accusés d’avoir rencontré des candidats, jetant l’opprobre sur cet organe électoral déjà sous pression et au cœur des tourmentes électorales passées.

En 2017, quand la Cour suprême saisie par l’opposition avait annulé la présidentielle, elle en avait fait porter la responsabilité à l’IEBC, coupable d’avoir organisé une élection « ni transparente, ni vérifiable ».

Ces incidents surviennent à l’issue d’une longue mais calme campagne, marquée par la flambée du coût de la vie liée notamment aux effets de la guerre en Ukraine.

Sur les quatre candidats en lice, deux ont dominé: Raila Odinga, 77 ans, en course pour la cinquième fois, et l’actuel vice-président William Ruto, 55 ans. Deux vétérans de la politique dont les immenses portraits bordent les routes et qui sont au coude-à-coude pour un scrutin qui s’annonce serré.

Vice-président depuis l’élection d’Uhuru Kenyatta en 2013, Ruto s’était vu promettre par ce dernier d’être en 2022 le candidat du parti présidentiel Jubilee. Mais le rapprochement inattendu en 2018 entre Kenyatta et Odinga a fait de lui un challenger, en campagne depuis lors.

Ces derniers mois, la compétition électorale a fait rage lors de meetings tout-terrain, des bourgs isolés aux bidonvilles de ce pays où les inégalités sont criantes et le salaire minimum de 15.120 shillings (124 euros). Les désaccords se sont aussi étalés en ligne, accompagnés d’un intarissable flot de désinformation.

– Un scrutin « différent » –

Le pays reste aussi marqué par la saga électorale de 2017, qui a vu la Cour Suprême invalider le scrutin en raison d’irrégularités, une première en Afrique. Dans l’attente d’un deuxième vote, l’épisode électoral s’était prolongé, secoué par des manifestations de l’opposition durement réprimées par la police avec plusieurs dizaines de morts.

Dix ans plus tôt, la crise post-électorale de 2007-2008 avait dégénéré en affrontements ethniques et fait plus de 1.100 morts et des centaines de milliers de déplacés. Une blessure profonde dans l’histoire du Kenya indépendant.

La crainte de violences plane encore.

Mais « les Kényans espèrent que le vote de cette année sera différent », soulignait lundi dans son éditorial le Daily Nation. Cet influent quotidien kényan estime que « les élections ne doivent pas être une question de vie ou de mort ».

Dans ce contexte, les appels au calme se sont multipliés. Dimanche, l’ambassadrice des Etats-Unis au Kenya, Meg Whitman, a souligné que le scrutin de mardi représentait « une opportunité pour les Kényans de montrer au monde la force de la démocratie kényane en organisant des élections libres, justes et pacifiques ».

Des milliers d’observateurs internationaux et de la société civile vont être déployés mardi dès l’ouverture des bureaux de vote.

Parmi eux, 24 observateurs de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad). Mulatu Teshome, chef de cette organisation régionale est-africaine, a déclaré dimanche que « des élections pacifiques et crédibles, une transition pacifique, telles sont les aspirations des Africains ».

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