avant 40 ans et surtout après 75 ans, le risque existe aussi

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avant 40 ans et surtout après 75 ans, le risque existe aussi

A moins de 40 ans ou plus de 75 ans, les femmes sont moins dans les radars de détection du cancer du sein malgré l’existence de risques pour les plus âgées, alertent des spécialistes, qui plaident pour une meilleure surveillance.

Le cancer du sein est le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes dans le monde, avec quelque 54.000 nouveaux cas chaque année et plus de 12.000 décès en France.

Mais « la mortalité a diminué grâce aux traitements et au dépistage », a souligné le Pr Emmanuel Barranger, directeur général du centre Antoine Lacassagne de Nice, jeudi lors d’une conférence de presse de la Société Française de Sénologie et Pathologie Mammaire.

Plus tôt l’on détecte un cancer, plus les chances de survie augmentent, et moins les traitements sont lourds et agressifs.

Beaucoup de pays riches mènent donc une politique de dépistage organisé, aussi promu chaque année en France par Octobre Rose, déclinaison de la campagne anglo-saxonne National Breast Cancer Awareness Month.

En France, les femmes de 50 à 74 ans sont ainsi invitées, depuis 2004, à un dépistage incluant des mammographies tous les deux ans – prises en charge à 100%- pour détecter une éventuelle tumeur.

Après une forte progression les premières années, ce dépistage a marqué le pas et concerne environ la moitié des femmes ciblées, inquiétant certains spécialistes dans un contexte où la fréquence des cancers du sein augmente dans presque toutes les tranches d’âge sauf les 55-65 ans.

Mais, surtout, se pose la question de la stratégie à adopter lorsque l’on est trop jeune ou trop âgée pour bénéficier d’un tel dépistage organisé. Le risque d’un éventuel « sur-diagnostic » existe aussi: des tumeurs peuvent être repérées, alors qu’elles n’auraient jamais évolué en cancer, avec le danger d’entamer un traitement lourd et inutile.

Pour la Société Française de Sénologie et Pathologie Mammaire, « la question du dépistage ne se pose pas pour les femmes de moins de 40 ans, en dehors des femmes à haut risque de cancer (prédisposition génétique, histoire familiale de cancer du sein) », mais c’est « plus complexe pour les femmes de 40 à 50 ans puisque 15% des cancers surviennent dans cette tranche d’âge ».

Pour « dépister plus et mieux » les cancers, la Commission européenne a d’ailleurs recommandé mardi, entre autres, d’abaisser à 45 ans l’âge à partir duquel les femmes sont éligibles à un dépistage organisé du cancer du sein dans l’UE.

– Cancers de 3 cm –

A moins de 40 ans, quelle surveillance?

« Il faut déjà identifier, avec un professionnel de santé, un facteur de risque ou pas », et « il n’y a pas de raison de faire de mammographie à moins de 40 ans sinon », a jugé jeudi Luc Ceugnart, président de la SFSPM et chef du pôle d’imagerie médicale du centre Oscar-Lambret de Lille.

La vigilance des femmes est aussi importante. Par exemple, « s’il y a une boule au sein, un sein à l’aspect modifié, et que cela persiste après un changement de cycle menstruel, il faut se faire examiner » et « ne pas mettre la tête dans le sable », a-t-il insisté.

L’alarme est plus grande pour les femmes de plus de 75 ans, alors même que l’espérance de vie s’allonge et que le vieillissement augmente le risque de cancer.

« Un grand nombre de femmes de plus de 74 ans pensent qu’il n’est plus nécessaire d’effectuer de suivi, ce qui induit la prise en charge de cancer à des stades tardifs », s’inquiète la SFSPM dans un communiqué. « On voit parfois arriver des femmes de 80 ans avec des cancers de 3 centimètres, elles n’ont pas fait de mammographie parce qu’elles ne recevaient plus d’invitation au dépistage », selon le Pr Barranguet.

Avec une tumeur importante, des ganglions atteints, voire un cancer avec des métastases, le danger est accru. Et, plus on avance en âge, plus il peut être difficile de récupérer d’une chimiothérapie par exemple.

Faut-il étendre le dépistage systématique à ces patientes plus âgées ? Non pour les spécialistes, mais ils veulent inciter patientes et médecins à poursuivre la surveillance individuellement.

Pour les plus de 75 ans, la SFSPM défend ainsi « un effort de communication important » et une mammographie, sur prescription, tous les deux ans.

Un examen clinique (palpation) annuel est aussi souhaitable, selon elle, mais « rarement effectué, notamment en raison de la crise démographique médicale mais aussi d’un déficit d’information des professionnels de santé ».

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