sale temps chez les Verts

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sale temps chez les Verts

Nouvelle tuile pour la direction d’EELV: le référendum interne pour simplifier l’organisation et adapter le parti à la « conquête du pouvoir », qu’elle soutenait, a été rejeté, plongeant un peu plus le parti dans la crise alimentée par l’affaire Bayou.

Le référendum a obtenu 54,93% de oui parmi les 3.577 votants au sein des 10.998 adhérents, loin des 66% nécessaires pour être adopté, selon les chiffres définitifs. Les statuts et le règlement intérieur d’Europe Écologie – Les Verts demeurent inchangés, ajoute la direction du parti dans un communiqué.

L’introduction au référendum exhortait à dire « oui à la fin des motions, en tant que machines à fabriquer de l’opacité et de la démobilisation militante. Oui à des fonctionnements plus transparents et plus lisibles ».

Le « oui » était soutenu par Marine Tondelier, qui devrait briguer la tête du parti au congrès prévu pour l’instant en décembre, et par de nombreux grands élus. « La complexité de nos statuts exclut, il faut les simplifier », explique la conseillère municipale d’Hénin-Beaumont à l’AFP.

Les opaques débats et luttes internes sont bien connus du milieu politique, et constituent un sujet régulier de taquineries. Mais la barre des 66%, avec les bulletins blancs comptabilisés, était trop haute pour une proposition controversée.

En effet, certains dénonçaient un danger pour le pluralisme chez les écologistes, sacré pour de nombreux militants historiques. « Le référendum chamboule le mouvement, c’est une procédure engagée à la va-vite par des amis de Marine Tondelier et ça génère des tensions importantes », relate le membre de l’aile gauche Alain Coulombel.

Lui contribue à la préparation d’un deuxième référendum qui propose de décaler le congrès à mars ou avril pour qu’EELV prenne son temps sur les réformes.

Selon lui, il y avait « le risque d’un parti de plus en plus homogène, monocolore, mené par une petite oligarchie », bref « ça va ressembler à La France insoumise ». Alain Coulombel remarque: « Pour la rentrée on aurait pu travailler sur autre chose que ce qui créé des tensions ».

– Tergiversations –

EELV est en effet secoué par les accusations de harcèlement moral contre le secrétaire national Julien Bayou par une ex-compagne. Le témoignage dans une émission lundi de la députée Sandrine Rousseau, qui a rencontré cette ex-compagne, a conduit le groupe écologiste à l’Assemblée nationale à suspendre Julien Bayou de sa coprésidence.

Une affaire malvenue: les 23 députés tentaient tant bien que mal de sortir de l’ombre de La France insoumise (LFI), qui accapare l’attention médiatique, forte de ses 75 députés et d’un ton clivant. Un parti lui-aussi embourbé actuellement dans l’affaire Quatennens.

Un député écolo décrit à l’AFP un certain amateurisme chez les Verts: « Il y en a qui préparent la conquête du pouvoir, nous on est encore à recruter nos collaborateurs parlementaires, qui doivent absolument être de culture écolo… Tout ça pour finir par prendre des anciens socialistes ».

C’est avec ce type de tergiversations que souhaitaient rompre, au moins pour le parti, Marine Tondelier ainsi que plusieurs grands élus, qui ont poussé pour l’organisation du référendum.

Les motions entraînent la répartition des postes à la proportionnelle intégrale, argue un grand élu vert, fin connaisseur des rouages du parti.

Elles sont ainsi selon lui « une prime à la division car il valait mieux faire deux listes à 6% qu’une liste à 12% », souligne-t-il. Et au bureau exécutif, « jusqu’à présent, il y avait des difficultés tout le temps, on passait notre temps à discuter sur des détails pour prendre une décision ».

Cette source raconte qu’à « l’origine, notre parti s’est construit pour faire contre-pouvoir, mais aujourd’hui notre responsabilité c’est de gouverner ».

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