au festival Femmes et Moto, les bikeuses s’affirment sans les hommes

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au festival Femmes et Moto, les bikeuses s'affirment sans les hommes

Si elles affirment n’avoir besoin de personne en Harley Davidson, à Aspres-sur-Buëch, dans les Hautes-Alpes, les 150 bikeuses du festival Femmes et Moto ont surtout rangé au placard l’imaginaire de Bardot et ses cuissardes de cuir.

Aux commandes de grosses cylindrées ou de petites 150 cc, de sportives ou de motos de voyage, des femmes de tous horizons et de tous âges montent la route sinueuse qui mène à l’aérodrome local pour le tout premier festival en France réservé aux femmes motardes.

« On est dans un milieu encore très masculin et le regard des hommes est parfois pesant. Ici, c’est l’occasion de s’en affranchir complètement », s’enthousiasme Alice Peuple, 40 ans, la fondatrice de l’évènement.

Les femmes ne constituent encore que 15 à 20% des conducteurs de deux roues sur le territoire, selon différentes études.

Motarde depuis 15 ans, Alice s’est inspirée de festivals exclusivement féminins comme Petrolettes en Allemagne ou le Women Motors Bootcamp en Italie pour en reproduire la « légèreté, la bienveillance, la sororité ».

Pour cela, le festival propose tout le week-end des ateliers yoga ou tatouage, des discussions autour de la sexualité, des témoignages de motardes mais aussi des démonstrations de mécanique, des balades « offroad » ou des baptêmes de l’air.

« L’idée, c’est que les femmes repartent d’ici avec plus de confiance, qu’elles se rendent compte qu’elles sont capables de tout faire », explique Alice.

– « Pas boulet » –

Derrière son stand de customisation de casques, Laurène Beron salue la démarche: « C’est important pour plein de nanas d’avoir un lieu sécurisé, où elles ne se sentent pas jugées, pas boulet, plus sereines que sur un festival mixte ».

Même si beaucoup s’accordent à dire que la communauté a évolué, être une femme motarde en 2022 reste parfois difficilement accepté.

« J’ai peiné à avoir mon permis et beaucoup d’hommes me disaient que c’était le signe que ce n’était pas fait pour moi. À un moment, j’ai fini par me demander s’ils n’avaient pas raison », souffle Nina Facemaz, 21 ans.

La benjamine du festival a finalement réussi son examen il y a neuf mois.

Aux commandes de sa 500 cc, elle indique fièrement avoir accumulé « presque 11.000 kilomètres ».

Nina a profité de sa première journée au festival pour apprendre à nettoyer sa chaîne à l’atelier mécanique, qui a rencontré un franc succès.

Vendredi, une grosse dizaine d’amatrices se pressaient pour écouter Claire, mécanicienne d’un célèbre constructeur japonais parler liquide de frein et garniture de plaquettes.

« En tant que femmes, on a plein de choses à se dire: comment on fait ceci, cela. On est moins frileuses pour se parler » de moto que devant des hommes, raconte Malorie Guedikian, 44 ans, qui a fait le tour du monde à moto.

– « Sexo-drink » et karaoké –

« Manier une moto ce n’est pas facile. Avec mes 1,58m, j’ai plus de difficultés qu’un homme pour pousser ma moto par exemple, qui fait plus de 200 kilos », explique Laurène, en pointant sa moto britannique avec laquelle elle vient de boucler un « road-trip » de 2.000 km à travers la France.

« Pour moi, ça a été un vrai exutoire, me dire que j’étais capable de conduire une grosse moto », sourit la jeune femme blonde.

Dans la soirée, juste après une conférence de femmes motardes entrepreneuses, le « sexo-drink », sorte d’apéro très orienté sexualité, peut commencer. Les mots « clitoris », « confiance » en soi et « courage » fusent.

Laurence Bastianelli, longs cheveux platine et veste en cuir attend le début du karaoké avec deux amies.

« C’est costaud de conduire une moto pour des nanas. On est fières d’être ensemble », s’enthousiasme la motarde de 60 ans.

« Quand je suis arrêtée à un feu rouge, le regard des hommes c’est +Ah oui quand même!+. Je crois qu’ils nous envient », dit-elle fièrement.

Et qu’importe les embuches et les quelques commentaires machos qu’elles récoltent encore. Pour les 150 festivalières, l’enjeu est simple: « la liberté ».

« Il y a juste nous, le vent et le ciel », s’éclaire Nina.

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