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21 morts, bilan définitif de l’explosion dans une mine de charbon

L’explosion survenue mardi soir dans une mine de charbon dans le centre de la Colombie a fait 21 morts, selon un bilan définitif jeudi des autorités qui ont suspendu la licence d’exploitation du groupe colombien Minminer qui gérait le gisement.

« Malheureusement, 21 personnes ont perdu la vie dans ce tragique accident à Sutatausa », dans le département de Cundinamarca, a tweeté le président colombien Gustavo Petro.

Il s’agit de l’une des pires tragédies de ces dernières années dans le pays où les accidents de ce type sont fréquents. La Colombie a enregistré 1.260 accidents miniers entre 2011 et mai 2022, pour un bilan annuel moyen de 103 morts, selon les données officielles (148 morts en 2021).

Le gouverneur du département, Nicolas Garcia, avait annoncé mercredi que onze personnes avaient été retrouvées mortes dans la mine après un coup de grisou, et que les opérations de recherches se poursuivaient pour en secourir dix autres restées coincées.

Au total, 30 personnes se trouvaient au moment de l’explosion dans cette mine située à environ 75 km de la capitale Bogota.

Malgré une course contre la montre alors que l’oxygène se raréfiait à l’intérieur des cavités, plusieurs éboulements ont empêché le passage des secouristes dans les galeries.

Les mineurs étaient piégés à 900 mètres de profondeur dans les tunnels de six mines reliées entre elles qui se sont effondrés dans une réaction en chaine provoquée par l’explosion.

« Malheureusement, il n’y a personne de vivant, nous avons le coeur brisé », a tweeté jeudi le gouverneur Garcia, en annonçant la fin des recherches.

L’accident est survenu après une « accumulation » de méthane entré en contact avec « une étincelle générée par la pioche » d’un ouvrier, avait-il expliqué mercredi.

La licence d’exploitation du groupe colombien Minminer, qui gère la mine, a été suspendue le temps de l’enquête, a indiqué le maire de Sutatausa, Jaime Arévalo à la radio Blu Radio.

Les autorités enquêtent pour savoir si la mine disposait des installations nécessaires à une bonne ventilation. Pour que le méthane « ne soit pas explosif, il faut un dispositif de ventilation spécifique et un système de surveillance capable de lancer des alertes » en cas de problème, a expliqué Javier Pava, directeur de l’Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD).

« Il doit y avoir un plan de gestion des risques » et les mineurs doivent être formés en cas d’urgence, a-t-il ajouté auprès de la télévision publique Canal Institucional.

– Hommes jeunes –

Les proches des mineurs ont publié sur les réseaux sociaux des photos des victimes, pour la plupart des hommes jeunes. Sutatausa et les municipalités voisines ont une importante tradition minière.

Des employés de la mine sauvés des décombres ont raconté à l’AFP le chaos qui a suivi l’explosion.

« J’étais en train de travailler normalement quand j’ai senti un grondement », puis « j’ai cru que j’allais m’étouffer et je ne voyais plus rien », a témoigné par téléphone Joselito Rodriguez, un mineur de 33 ans. « Dieu merci, nous sommes sortis indemnes mais d’autres sont déjà morts », a-t-il regretté peu après avoir quitté l’hôpital mercredi où il a été soigné pour insuffisance respiratoire.

Les accidents dans les mines, souvent provoqués par des coups de grisou, sont fréquents en Colombie, notamment dans les exploitations minières illégales, nombreuses dans le pays.

Le président Petro a engagé un plan de « transition énergétique » visant à abandonner progressivement l’exploitation du charbon et du pétrole. « Chaque décès survenu au travail n’est pas seulement un échec commercial, mais aussi un échec social et gouvernemental », a-t-il tweeté jeudi après avoir annoncé le bilan de l’explosion.

Le pétrole et l’extraction minière légale sont les principaux produits d’exportation de la Colombie, important producteur de charbon.

Au moins 130.000 personnes vivent légalement de l’exploitation minière dans le pays, quatrième économie d’Amérique latine. Mais les syndicats dénoncent régulièrement les mauvaises conditions de travail, le manque d’équipement de protection et l’amplitude horaire.

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