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Nouveau rapport sur la façon de réparer le programme canadien d’étudiants internationaux

Les sénateurs indépendants Sabi Marwah, Ratna Omidvar, Hassan Yussuff et Yuen Pau Woo ont publié un rapport sur la manière dont le Canada peut maintenir l’intégrité de son programme d’étudiants internationaux.

Tout en reconnaissant les étudiants internationaux comme des agents bénéfiques dans les sphères économique, financière, sociale et culturelle canadienne, les sénateurs – abordant les problèmes au sein du système d’étudiants internationaux – ont recommandé au gouvernement du Canada de mieux contrôler le secteur éducatif, ainsi que le développement d’une politique nationale de gestion des admissions d’étudiants étrangers.

Selon le rapport, l’un des principaux coûts de l’augmentation des inscriptions d’étudiants internationaux est la disparité entre les frais de scolarité nationaux et internationaux, qui sont passés du double à quintuplé en 2022.

Néanmoins, le rapport indique que « intrinsèquement, des frais de scolarité plus élevés pour les étudiants internationaux ne constituent pas un problème », car les étudiants internationaux paient toujours moins que ce qu’ils paieraient pour une éducation de qualité similaire ailleurs dans le monde.

« Ce qui pose problème, cependant, c’est l’incapacité des IDD canadiens à couvrir leurs dépenses de fonctionnement sans dépendre autant des étudiants internationaux.


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« Cette dépendance excessive crée un conflit d’intérêts qui a des conséquences négatives non seulement sur les étudiants internationaux, mais aussi potentiellement sur les étudiants canadiens.

« Les DLI sont incités à maximiser les inscriptions d’étudiants internationaux, avec peu d’incitations à garantir que les étudiants internationaux et canadiens bénéficient de la meilleure expérience possible. »

Cela se traduit par des normes d’admission faibles, après quoi les DLI découvrent que certains étudiants ne sont « pas suffisamment compétents sur le plan académique » pour suivre la rigueur de l’éducation postsecondaire canadienne.

« Par exemple, en 2018, un DLI a demandé à plus de 400 de ses étudiants internationaux, qui éprouvaient des difficultés dans leurs programmes, de repasser leurs tests d’anglais pour confirmer qu’ils étaient à la hauteur. »

« Ces histoires sont non seulement préoccupantes parce qu’elles suggèrent que des étudiants internationaux qui ne sont pas bien placés pour réussir dans l’économie et la société canadiennes sont admis au pays, mais aussi parce qu’il est probable que ces cas nuisent également à la qualité de l’éducation. offrir aux étudiants canadiens.

Il devrait y avoir des critères plus stricts pour les établissements d’enseignement désignés (DLI) qui accueillent des étudiants internationaux et des sanctions plus strictes pour les tenir responsables de la négligence de leurs agents de recrutement.

Le document de travail a été largement alimenté par le rapport de 2023 selon lequel près de 700 étudiants internationaux indiens risquaient d’être expulsés après la découverte par Ottawa que leurs admissions universitaires avaient été falsifiées par un consultant en immigration indien non réglementé.

Les agents pédagogiques ou « consultants pédagogiques » sont populaires parmi les étudiants internationaux et les IDD. Pour les premiers, ils parlent dans leur langue maternelle et les aident dans les démarches d’immigration, tandis que pour les seconds, ils réduisent leurs dépenses de marketing et de recrutement et attirent un grand nombre de candidats internationaux.

Dilemme éthique

Les DLI versent ainsi à ces professionnels une commission de 15 à 20 % (et parfois même 30 %) sur les frais de scolarité de première année des étudiants internationaux. La commission moyenne atteint 1 500 $ à 7 500 $ par étudiant.

Cependant, l’article s’intéresse aux dilemmes éthiques entourant un tel système.

« L’une des conséquences négatives de l’implication des agents est qu’ils peuvent orienter les étudiants internationaux vers des programmes qui ne sont pas éligibles au PTPD, refusant ainsi aux étudiants internationaux la possibilité de travailler au Canada et d’immigrer après l’obtention de leur diplôme.

« Bien que les DLI soient éligibles pour accueillir des étudiants internationaux, tous les programmes qu’ils proposent ne rendent pas les étudiants internationaux éligibles à un PTPD. Les programmes proposés par les établissements publics doivent répondre à certaines exigences pour que les étudiants internationaux soient éligibles au PTPD, tandis que les programmes uniquement proposés par des établissements privés ne sont pas du tout éligibles au PTPD. Les étudiants internationaux qui font appel à des agents ne sont souvent pas conscients de ces subtilités et découvrent les mauvaises nouvelles lorsqu’il est trop tard.

« Consultants fantômes »

Une des raisons pour lesquelles il n’est pas si facile d’interdire un tel système est que les agents ont généralement une structure de commissions avec des universités non seulement canadiennes, mais aussi australiennes, britanniques et américaines. Si le Canada interdisait la pratique selon laquelle les DLI versent des commissions aux agents, ces derniers se contenteraient de renvoyer les étudiants internationaux vers des pays concurrents.

La montée des « consultants fantômes » met également en danger les étudiants internationaux. Ces agents profitent de l’ignorance des étudiants étrangers en se présentant comme des consultants en immigration agréés, même s’ils travaillent dans la clandestinité.

Ils facturent des frais tout en fournissant un mauvais service aux étudiants internationaux, ou dans certains cas, aucun service du tout.

Les collèges privés fonctionnent selon des principes similaires, dans lesquels les agents et les collèges font des promesses creuses aux étudiants concernant les perspectives de carrière au Canada, concernant le PTPD et l’éligibilité à l’immigration, et sur les collèges eux-mêmes.

Un autre problème majeur auquel sont confrontés les étudiants internationaux et qui a été souligné dans le document est l’offre de logements et leur abordabilité ; alors que certains leur reprochent d’augmenter les loyers et de réduire la disponibilité des logements, le document souligne la nécessité de reconnaître que les étudiants internationaux sont également victimes de logements limités et inadaptés.


Regarder la vidéo:

Canada's International Student Dilemma: Is Change on the Horizon?


« Un rapport de Statistique Canada de juin 2023 indique que 40 % des titulaires de permis d’études vivent dans un logement inadapté, contre 9 % du reste de la population du Canada », peut-on lire dans le rapport.

« En avril 2023, deux professeurs de l’Université York ont ​​résumé la litanie des problèmes de logement auxquels sont confrontés les étudiants internationaux. Il s’agit notamment d’offres de location discriminatoires et de traitements infligés par les propriétaires, notamment des abus sexuels verbaux, des demandes de dépôts initiaux exorbitants, des logements dangereux, la surpopulation et le manque total de logements convenables. Les histoires abondent d’étudiants internationaux expulsés de force et illégalement de leur logement.

Le rapport du Sénat propose ainsi quelques changements au programme des étudiants internationaux pour répondre aux problèmes énumérés ci-dessus.

Il a déclaré qu’Ottawa devrait donner la priorité à l’intégrité du programme en menant un examen national pour s’assurer que l’éducation postsecondaire est financée de manière durable ; un manque de financement a conduit à un recrutement excessif d’étudiants internationaux, ce qui est évitable si les universités ne les considèrent pas comme des moyens de financer leurs activités.

Une plus grande surveillance des DLI – y compris les collèges privés – a également été recommandée pour promouvoir une expérience plus holistique pour les étudiants internationaux.

Des critères plus stricts

Des critères plus stricts ont été définis pour que les IDD continuent d’accueillir des étudiants internationaux. Cela pourrait impliquer des plans détaillés de la part des DLI sur la manière dont ils :

a) Aider les étudiants internationaux à trouver un logement

b) Éduquer les étudiants internationaux sur leurs droits légaux au Canada sur des questions telles que le logement, l’emploi et le droit criminel (par exemple, comme moyen de protéger les étudiants contre les abus sexuels)

c) Aidez-les à trouver un emploi à temps partiel et à temps plein

d) Aborder la santé mentale et autres soutiens à l’établissement dont les étudiants internationaux ont besoin

e) Effectuer des « audits réguliers des collèges privés » pour s’assurer qu’ils n’induisent pas en erreur les étudiants internationaux, qu’ils sont financièrement stables, qu’ils répondent aux normes éducatives et qu’ils facilitent les aspirations professionnelles des étudiants internationaux.

Le rapport recommande également de communiquer – directement par le biais de la lettre d’acceptation (LOA) – si un programme n’est pas éligible au PTPD, et de disposer de preuves documentées démontrant que ces informations ont été communiquées par l’IDD à l’étudiant international.

Le rapport concluait sur la note que le succès du Canada était la cause de sa victimisation. Elle doit donc prendre du recul et évaluer son programme d’étudiants internationaux pour continuer à en bénéficier.

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