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Une femme trans accuse le fast-food qui l’employait de discrimination de genre

Son employeur refusait d’utiliser son prénom féminin et lui reprochait d’être trop maquillée: une jeune femme trans qui travaillait dans un restaurant franchisé McDonald’s a demandé lundi au conseil de prud’hommes d’Angers de reconnaître qu’elle avait été victime de « discrimination de genre » et de harcèlement.

C’est en tant qu’homme, et sous le prénom masculin qui lui avait été donné à la naissance, que Syntia avait été embauchée en septembre 2022 par ce McDonald’s, situé à une quarantaine de kilomètres d’Angers. Elle était à l’époque en transition de genre mais toujours un homme pour l’état-civil, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Début janvier 2023, en retard après un rendez-vous médical, elle décide de se rendre directement à son travail avec des vêtements féminins, des faux seins et du maquillage, expliquant avoir senti une certaine « bienveillance » de la part de son entreprise et de ses collègues.

Mais très rapidement, Syntia dit avoir été en butte à des remarques et des pressions. Fin janvier 2023, elle est convoquée à « un entretien de recadrage » durant lequel on l’appelle par son prénom masculin et on lui demande de ne plus se maquiller, a déclaré à l’audience son avocate, Me Gwénola Vaubois.

« On lui demande d’atténuer son maquillage, pas de l’enlever », en vertu d’un règlement intérieur qui prescrit « pour tout le monde » un « maquillage léger et discret », a réagi l’avocat du restaurant, Me Pascal Landais.

Dans les jours qui suivent, les responsables de Syntia font tout pour empêcher l’emploi de son nouveau prénom féminin, l’interdisant par voie d’affichage dans le restaurant et rappelant à l’ordre par écrit deux collègues qui l’avaient adopté. Selon Me Vaubois, l’employeur invoquera même une loi de 1794 qui n’aurait jamais été abrogée.

Refusant d’ôter son maquillage, Syntia ne sera plus autorisée à rejoindre son poste de travail.

Elle est en arrêt-maladie depuis mars 2023 et a fait l’objet d’un avertissement de la part de son employeur qui a depuis été levé.

La jeune femme de 21 ans réclame la résiliation de son contrat de travail, un total de 30.000 euros de dommages et intérêts ainsi que l’indemnisation des huit mois d’arrêt de travail qui n’ont pas été couverts par la Sécurité Sociale (un peu moins de 20.000 euros).

« Il a pu y avoir des réactions maladroites mais pas de discrimination ou de harcèlement », a plaidé Me Landais, rejetant toutes les demandes.

Le conseil de prud’hommes doit rendre son jugement le 24 juin.

Syntia a également saisi l’inspection du travail et déposé une plainte au pénal.

© 2024 AFP

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