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La polémique sur l’immigration met la pression sur François Bayrou

La polémique sur l’immigration met la pression sur François Bayrou

Le Premier ministre François Bayrou risque de perdre le peu de soutien tacite qu’il bénéficie de l’opposition modérée à l’Assemblée nationale après avoir suggéré que les immigrés « submergeaient » la France.

Ses déclarations ont déclenché une vive réaction de la gauche, ainsi que des critiques de ses alliés centristes, lorsqu’il a affirmé lundi que l’immigration était « positive », à condition qu’elle reste « proportionnée » à la taille de la population.

« Dès qu’on a l’impression de submerger, de ne plus reconnaître son propre pays, son mode de vie et sa culture, le rejet apparaît », a-t-il déclaré.

Si ses propos ont été salués par les partisans d’une ligne dure sur l’immigration au sein du gouvernement, comme le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le ministre de la Justice Gérald Darmanin, ainsi que par l’extrême droite, ils ont été largement condamnés par la gauche.

Ce qui est crucial, c’est que cette gauche inclut les socialistes, avec qui Bayrou a soigneusement tenté de tisser des ponts dans l’espoir qu’ils ne rejoignent pas les efforts pour renverser son gouvernement minoritaire lors d’une prochaine motion de censure à l’Assemblée.

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Cette stratégie, visant à éloigner les parlementaires socialistes de leur alliance avec le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI), a porté ses fruits début janvier, lorsque ces derniers ont refusé de soutenir une motion de censure proposée par l’LFI contre le Premier ministre.

Bayrou espérait qu’ils lui viendraient à nouveau en aide lors de la présentation du plan budgétaire, un moment clé pour son gouvernement après le renvoi de l’équipe de Michel Barnier en raison du budget d’austérité.

« Des paroles qui ont inutilement blessé »

Mais en raison des propos sur la « submersion », qu’il a réitérés devant l’Assemblée mardi, certains socialistes ont exigé qu’il les retire sous peine de perdre leur soutien.

« Il est dans l’intérêt du pays qu’il retire ces mots qui ont inutilement blessé », a déclaré le député socialiste Philippe Brun, estimant que les propos du Premier ministre étaient « décalés ».

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Pour appuyer leur menace, les socialistes ont annulé brutalement une réunion prévue avec le gouvernement sur le budget, dans le cadre des préparatifs du projet final.

La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a appelé à éviter « toute forme de prise d’otage sur le budget », soulignant que les Français « n’ont aucun intérêt pour cette bataille de mots ».

Cependant, Johanna Rolland, figure du Parti Socialiste et maire de Nantes, a appelé ses collègues à « envisager fermement » de voter contre Bayrou lors d’une probable motion de censure après la présentation de son plan budgétaire.

La droite extrême exige des actes

Si la gauche exige des excuses de Bayrou, le Rassemblement National (RN) – le plus grand parti à l’Assemblée – a indiqué que le Premier ministre devait passer à l’action pour justifier ses propos.

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« Le RN ne se laisse pas acheter avec des mots », a déclaré le vice-président du parti, Sébastien Chenu, appelant Bayrou à « s’attaquer au coût de l’immigration » en réduisant un programme d’aides publiques pour les immigrés.

Une querelle sémantique ?

Certains partisans de Bayrou ont supplié les socialistes de lui accorder un peu de répit pour le bien du pays.

« Les gens en ont assez de ce chaos », a déclaré un membre éminent du MoDem, le parti centriste fondé par Bayrou, en référence à l’instabilité politique récente en France, avec quatre Premiers ministres différents en seulement 12 mois.

« Nous mettons en jeu l’avenir institutionnel de ce pays pour une querelle sémantique », a ajouté Laurent Marcangeli, ministre délégué au secteur public.

Selon l’INSEE, l’agence nationale de statistiques, environ 5,6 millions d’étrangers vivaient en France en 2023, représentant 8,2 % de la population totale, contre 6,5 % en 1975.

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